Ǧalāl al-Dīn Abō Moḥamad Ilīās ben Īōsōf Neẓāmī Ganǧavī (1141-1209)
- 443 words
Neẓāmī Ganǧavī
Identité et milieu
Ǧalāl al-Dīn Abū Muḥammad Ilyās b. Yūsuf, connu sous le nom de Neẓāmī Ganǧavī, est l’un des principaux poètes persans du Moyen Âge. Son surnom le rattache à Ganǧa, ville du Caucase méridional, où il vécut et où se déroula l’essentiel de son activité. Les formes de son nom varient selon les systèmes de translittération : Niẓāmī, Nizāmī, Neẓāmī Ganǧavī ou encore Neẓāmī de Ganǧa.
Les notices biographiques le situent généralement entre 1141 et 1209, mais les dates proposées peuvent différer selon les traditions manuscrites et les ouvrages de référence. Les informations assurées sur sa vie sont limitées. Il apparaît cependant comme un lettré musulman de langue persane, indépendant des grands centres impériaux, dont l’œuvre témoigne d’une connaissance approfondie de la poésie, de l’éthique, de la philosophie et de la culture historique de son temps.
Œuvre poétique
Neẓāmī est surtout célèbre pour son Ḫamsa, ou « Quintette », ensemble de cinq longs poèmes narratifs en vers. Celui-ci comprend le Maḫzan al-asrār (« Trésor des secrets »), poème à dominante morale et spirituelle ; Ḫosrow o Šīrīn, consacré à l’amour de Ḫosrow et Šīrīn ; Laylī o Maǧnūn, adaptation persane de la célèbre histoire des amants séparés ; les Haft peykar (« Sept portraits » ou « Sept beautés »), récit associé au roi Bahrām Gūr ; et l’Eskandar-nāma, consacré à Alexandre, sous ses aspects de conquérant, de souverain et de sage.
Ces récits associent intrigue amoureuse, réflexion politique, enseignement moral et questionnement sur la connaissance. Neẓāmī accorde une place importante à la parole des sages, à la responsabilité du prince et aux effets destructeurs du désir de pouvoir. Sa poésie se distingue par la richesse des images, la construction élaborée des récits et l’usage de symboles issus de traditions islamiques, iraniennes et plus largement orientales.
Postérité
L’œuvre de Neẓāmī a profondément marqué la littérature persane et la poésie de cour. Le Ḫamsa fut abondamment copié, commenté et illustré, notamment dans les manuscrits enluminés de périodes postérieures. Ses récits ont également été adaptés dans plusieurs langues de l’aire persanophone et ont contribué à fixer des modèles durables de poésie narrative, en particulier pour les histoires de Ḫosrow et Šīrīn, de Laylī et Maǧnūn, ainsi que pour la représentation d’Alexandre.

Auteur/autrice
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