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Abū al-Maʿālī al-Juwaynī (1028-1085)

Identité et formation

ʿAbd al-Malik ibn ʿAbd Allāh al-Juwaynī, connu sous le nom d’Abū al-Maʿālī et le surnom d’Imām al-Ḥaramayn (« l’imam des deux sanctuaires »), est l’un des principaux théologiens musulmans sunnites du XIe siècle. Il appartient à l’école juridique chaféite et à la tradition théologique ashʿarite. Son nom nisba le rattache à Juwayn, région du Khorassan, tandis que son activité intellectuelle est principalement liée à Nishapur, important centre d’enseignement et de culture islamique.

Il reçut une formation approfondie en droit, en théologie spéculative et dans les disciplines religieuses. Il séjourna également à La Mecque et à Médine, où son enseignement lui valut le surnom sous lequel il est demeuré célèbre. De retour au Khorassan, il s’imposa comme juriste et théologien, avant de prendre la direction de l’enseignement dans la madrasa Niẓāmiyya de Nishapur, institution associée au vizir seldjoukide Niẓām al-Mulk.

Œuvre et pensée

La pensée d’al-Juwaynī cherche à établir la doctrine ashʿarite par une argumentation rationnelle rigoureuse, tout en la maintenant dans le cadre de la tradition sunnite. Ses écrits traitent notamment de l’unicité divine, des attributs de Dieu, de la prophétie, de l’autorité religieuse et des fondements du droit. Il discute également les thèses des philosophes, des muʿtazilites et d’autres courants théologiques.

Parmi ses œuvres les plus importantes figurent al-Irshād ilā qawāṭiʿ al-adilla fī uṣūl al-iʿtiqād, exposé systématique de la théologie dogmatique, et al-Burhān fī uṣūl al-fiqh, consacré aux fondements du droit. Son Ghiyāth al-umam fī iltiyāth al-ẓulam examine les conditions de l’autorité politique et religieuse ainsi que les problèmes posés par l’absence ou la défaillance du pouvoir légitime. Ces textes témoignent d’une réflexion étroitement liée aux transformations politiques du monde sunnite de son temps.

Postérité

Al-Juwaynī exerça une influence majeure sur le développement ultérieur de la théologie ashʿarite et de la théorie juridique chaféite. Il fut notamment le maître d’Abū Ḥāmid al-Ghazālī, qui poursuivit et transforma plusieurs orientations de sa pensée. Ses ouvrages furent étudiés dans les milieux savants du Proche-Orient et du monde islamique pendant les siècles suivants.

Il mourut en 1085. Son surnom, son enseignement à Nishapur et son œuvre doctrinale ont fait de lui une figure centrale de l’histoire intellectuelle islamique médiévale.

Auteur/autrice

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