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ʿUṯmān ibn ʿUmar ibn Abī Bakr ibn Yūnus Ibn al-Ḥāǧib al-Mālikī

Identité et formation

ʿUṯmān ibn ʿUmar ibn Abī Bakr ibn Yūnus Ibn al-Ḥāǧib al-Mālikī, également appelé Abū ʿAmr Ǧamāl al-Dīn Ibn al-Ḥāǧib, est un grammairien, juriste et théologien musulman de rite mālikite. Il vécut de 1174 à 1249. Les formes arabes de son nom le désignent aussi comme Ibn al-Ḥāǧib al-Kurdī, indication généralement associée à son origine familiale.

Son père aurait exercé la fonction de ḥāǧib, ou chambellan, auprès d’un pouvoir princier, ce qui aurait donné naissance à la nisba devenue le nom sous lequel le savant est principalement connu. Ibn al-Ḥāǧib reçut une formation dans les disciplines religieuses et linguistiques, notamment le droit mālikite, la grammaire arabe et la morphologie. Son activité intellectuelle est associée à plusieurs grands centres d’enseignement du Proche-Orient et de l’Égypte, en particulier Le Caire, Damas et Alexandrie.

Œuvre grammaticale

Ibn al-Ḥāǧib est surtout célèbre pour ses deux abrégés de linguistique arabe. Sa Kāfiya expose de manière systématique les principes de la grammaire, tandis que sa Šāfiya traite de la morphologie. La concision de ces ouvrages, leur organisation méthodique et leur usage pédagogique expliquent leur large diffusion dans les milieux d’enseignement arabophones. Ils furent abondamment commentés, abrégés et glosés au cours des siècles suivants.

La Kāfiya a notamment servi de manuel de référence pour l’étude de la syntaxe arabe. Son influence s’étendit bien au-delà des régions où Ibn al-Ḥāǧib avait enseigné, et ses textes furent intégrés à la tradition scolaire de la grammaire arabe médiévale et postérieure.

Jurisprudence et héritage

Dans le domaine du droit, Ibn al-Ḥāǧib est l’auteur d’un abrégé mālikite connu sous le titre de Muḫtaṣar. Ce texte condense les principales règles du droit positif selon l’école mālikite et devint à son tour un ouvrage étudié et commenté. Sa réputation repose ainsi sur une double autorité, grammaticale et juridique.

Ibn al-Ḥāǧib mourut en 1249. Son œuvre contribua durablement à la transmission structurée de la grammaire arabe et du droit mālikite. La multiplicité des formes de son nom, transcrites en arabe, en français et selon différents systèmes savants, explique les nombreuses variantes sous lesquelles il apparaît dans les catalogues et les travaux historiques.

Auteur/autrice

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