ʿUmar ibn ʿAlī Šaraf al Dīn Abū al Qāsim Ibn al-Fāriḍ (1181-1235)
- 456 words
ʿUmar ibn ʿAlī Ibn al-Fāriḍ
Identité et milieu
ʿUmar ibn ʿAlī, connu sous le nom d’Ibn al-Fāriḍ, est un poète mystique arabe associé à l’Égypte ayyoubide. Son nom complet est généralement donné sous la forme ʿUmar ibn ʿAlī ibn al-Fāriḍ, avec le laqab Šaraf al-Dīn. Les dates de 1181 à 1235 sont traditionnellement retenues pour sa vie. La notice le rattache à l’espace égyptien et plus particulièrement au milieu savant et spirituel du Caire.
Ibn al-Fāriḍ appartient à la génération de mystiques et de poètes qui ont contribué à l’essor de l’expression soufie en langue arabe. Il est présenté comme le fils d’un juriste d’origine syrienne établi en Égypte. Sa formation religieuse et littéraire lui permit de maîtriser les formes classiques de la poésie arabe, qu’il employa pour exprimer l’expérience de l’amour spirituel, de l’extase et de l’union avec le divin.
Vie et spiritualité
Les récits consacrés à Ibn al-Fāriḍ insistent sur sa vie de dévotion, ses périodes de retrait et son attachement aux pratiques spirituelles. Il aurait effectué un séjour à La Mecque, expérience à laquelle la tradition rattache une part importante de son inspiration poétique. De retour en Égypte, il fut entouré d’une réputation de sainteté et de maîtrise spirituelle, sans toutefois être le fondateur d’un ordre soufi constitué.
Sa pensée s’exprime principalement par le langage symbolique de l’ivresse, du vin et de l’amour. Ces images ne renvoient pas à une consommation profane, mais à l’extase mystique et à l’abolition de la séparation entre l’amant et le Bien-Aimé. Son œuvre a ainsi été commentée par de nombreux lecteurs soufis, qui y ont recherché une doctrine de l’expérience intérieure.
Œuvre et postérité
Deux compositions lui sont particulièrement associées. La Khamriyya, ou « Poème bachique », célèbre le vin comme métaphore de la connaissance et de l’ivresse spirituelles. La Naẓm al-sulūk, connue sous le nom de Taʾiyya al-kubrā, est un long poème en mètres classiques retraçant le cheminement de l’âme vers la proximité divine. La densité de son symbolisme et la virtuosité de sa langue en ont fait l’un des textes majeurs de la poésie mystique arabe.
Ibn al-Fāriḍ fut particulièrement vénéré en Égypte. Sa poésie a suscité une abondante tradition de commentaires et a contribué à fixer une forme hautement élaborée de l’expression soufie en arabe. Il demeure l’un des poètes mystiques les plus célèbres de la période ayyoubide.

Auteur/autrice
root@sd-146999.dedibox.fr
