Quelles régions n’appartenaient pas encore au royaume de France ?
Quelles régions n’appartenaient pas encore au royaume de France ?
Il n’existe pas une liste valable pour tout le Moyen Âge : les frontières et les liens de dépendance changent fortement entre le Ve et la fin du XVe siècle. Le royaume de France ne correspondait pas à la France actuelle. Le roi exerçait d’abord une autorité directe limitée au domaine royal, tandis que de vastes principautés étaient gouvernées par des ducs, des comtes ou des souverains étrangers. Certains territoires pouvaient donc relever théoriquement de la féodalité française sans être administrés par le roi.
Des principautés encore autonomes
La Bretagne resta un duché largement autonome jusqu’à son rattachement juridique au royaume au XVIe siècle. La Provence ne fut intégrée à la couronne qu’en 1481 ; elle appartenait auparavant à des lignées comtales et à l’espace politique impérial. La Savoie, le Dauphiné avant son rattachement en 1349, ainsi que le comté de Nice, ne faisaient pas partie du royaume de France pendant une grande partie de la période. La Bourgogne connut également des situations variables : le duché relevait du roi de France, tandis que la Franche-Comté appartenait à l’Empire.
À l’est, l’Alsace, la Lorraine et plusieurs territoires voisins relevaient principalement du Saint-Empire romain germanique. Au nord, la Flandre était partagée entre des influences françaises et impériales, et ne constituait pas une province française unifiée. À l’ouest et au sud-ouest, la Normandie, l’Anjou, la Guyenne et la Gascogne furent longtemps contrôlés par les rois d’Angleterre, même lorsque ces terres étaient considérées comme des fiefs du roi de France. Enfin, le Roussillon et la Cerdagne restaient liés aux royaumes ibériques. Il faut donc distinguer l’appartenance au royaume, la vassalité et la domination effective : ces trois notions ne coïncidaient pas.

