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Les gens étaient-ils tous illettrés ?

Non. L’idée selon laquelle tous les habitants du Moyen Âge auraient été illettrés est une simplification. La capacité à lire et à écrire variait fortement selon les périodes, les régions, les milieux sociaux et le sexe. Le clergé disposait généralement d’un accès privilégié à l’instruction, mais certains nobles, marchands, artisans et administrateurs savaient également lire, écrire ou au moins reconnaître des textes et des documents utiles à leur activité.

Des niveaux de compétence très différents

Il faut aussi distinguer plusieurs compétences. Savoir lire un texte simple ne signifiait pas nécessairement savoir rédiger une longue lettre en latin. De même, une personne pouvait comprendre des textes liturgiques ou des comptes sans maîtriser toutes les formes de l’écriture. Les actes médiévaux mentionnent parfois des signatures remplacées par une marque, mais cela ne suffit pas à mesurer l’ensemble des connaissances d’une personne : beaucoup de documents étaient rédigés par des scribes professionnels, même pour des individus capables de lire.

Une culture largement fondée sur l’oral

La société médiévale reposait cependant beaucoup sur la transmission orale. Les décisions, les récits, les prières et les règles pouvaient être mémorisés, proclamés ou expliqués publiquement. Cette place de l’oralité ne prouve donc pas une ignorance générale. Les manuscrits étaient coûteux avant la diffusion de l’imprimerie, mais les bibliothèques monastiques, les écoles urbaines, les chancelleries et, à la fin du Moyen Âge, les ateliers d’imprimeurs témoignent d’un développement progressif des pratiques de lecture et d’écriture. Il serait plus juste de parler d’un accès inégal à l’écrit que d’une population entièrement illettrée.

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