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Les chevaliers étaient-ils incapables de se relever avec leur armure ?

Non. L’idée qu’un chevalier en armure tombé au sol ne pouvait plus se relever vient surtout de représentations modernes exagérées. Une armure médiévale bien ajustée n’était pas une coque rigide enfermant tout le corps : ses pièces étaient articulées au niveau des épaules, des coudes, des hanches et des genoux. Son poids était réparti sur l’ensemble du corps et ne reposait pas uniquement sur les jambes. Un combattant entraîné pouvait donc marcher, courir sur une courte distance, s’agenouiller et se relever.

La difficulté dépendait toutefois de la situation. Se relever sur le dos pouvait demander plusieurs mouvements : se tourner sur le côté, prendre appui sur un coude ou un genou, puis se redresser. Un sol boueux, une pente, un cheval tombé à proximité, un bouclier encombrant ou une blessure pouvaient rendre l’opération beaucoup plus pénible. Un homme assommé, coincé sous sa monture ou immobilisé par plusieurs adversaires ne pouvait évidemment pas compter sur son armure pour se dégager seul.

Il faut aussi distinguer les équipements. Une cotte de mailles portée avec un vêtement matelassé n’entravait pas les mouvements de la même manière qu’une armure de plates complète des XIVe et XVe siècles. Cette dernière exigeait un apprentissage spécifique, mais elle permettait encore une grande mobilité. L’armure ne rendait donc pas le chevalier incapable de se relever ; elle augmentait surtout sa fatigue et sa vulnérabilité lorsqu’il était blessé, désorienté ou maintenu au sol.

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