Pourquoi les livres étaient-ils si chers ?
Pourquoi les livres étaient-ils si chers ?
Pourquoi les livres étaient-ils si chers ?
Au Moyen Âge occidental, la plupart des livres étaient copiés à la main. Leur prix ne correspondait donc pas seulement au contenu du texte, mais aussi à plusieurs mois, voire davantage, de travail spécialisé. Un copiste devait reproduire soigneusement chaque page, tandis que d’autres artisans pouvaient ajouter les rubriques, les lettrines, les miniatures ou la reliure. Une erreur importante pouvait obliger à corriger ou à refaire une partie du manuscrit.
Des matériaux coûteux et une fabrication longue
Le support le plus courant était le parchemin, fabriqué à partir de peaux animales préparées, grattées, séchées et découpées. Il fallait parfois de nombreuses peaux pour constituer un grand volume. Le papier, apparu progressivement en Occident à partir de la fin du Moyen Âge, pouvait réduire le coût du support, mais il ne supprimait ni le temps de copie ni celui de la reliure. Les encres, les pigments et certains matériaux utilisés pour les dorures augmentaient également la dépense.
La demande restait en outre limitée par le faible nombre de personnes capables de lire et par la concentration des ateliers dans certains centres religieux ou urbains. Les manuscrits étaient donc produits en petites quantités, souvent pour des monastères, des universités, des princes, des nobles ou de riches marchands. Tous les livres n’étaient toutefois pas également chers : un petit texte peu décoré coûtait bien moins qu’un luxueux livre d’heures ou qu’un ouvrage abondamment enluminé. L’imprimerie, à partir du milieu du XVe siècle, permit ensuite de multiplier les exemplaires et de faire baisser certains prix, sans rendre immédiatement les livres accessibles à toute la population.

