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D’où vient l’image de la princesse enfermée dans une tour ?

Cette image ne vient pas d’un seul récit médiéval. Elle résulte de la rencontre entre plusieurs motifs anciens : la jeune femme retenue contre son gré, la forteresse difficile à atteindre et l’attente d’un libérateur. La tour représente à la fois la protection, l’isolement et le pouvoir de celui qui enferme. Dans les récits de chevalerie et les légendes merveilleuses du Moyen Âge, des jeunes femmes peuvent être emprisonnées dans des châteaux ou des tours, mais elles ne sont pas toujours des princesses et leur délivrance ne passe pas nécessairement par un prince.

Des récits antiques aux légendes chrétiennes

Le motif de la jeune femme enfermée dans un lieu élevé est antérieur au Moyen Âge. Dans la mythologie grecque, Danaé est enfermée dans une chambre ou une tour par son père pour empêcher l’accomplissement d’une prophétie. Dans la légende de sainte Barbe, largement diffusée au Moyen Âge, une jeune fille est également gardée dans une tour par son père. Ces récits ont contribué à associer la tour à la captivité d’une jeune femme, même s’ils ne correspondent pas encore au conte de la princesse attendant son sauveur.

La version aujourd’hui la plus reconnaissable doit beaucoup à l’histoire de Raiponce. Or ce conte est surtout fixé à l’époque moderne : ses versions littéraires françaises et italiennes précèdent le texte des frères Grimm, publié au XIXe siècle. Les longs cheveux, la tour sans porte accessible et le prince constituent donc une combinaison relativement tardive. L’imaginaire contemporain a ensuite mélangé ce conte avec les princesses captives des romans médiévaux et les représentations de châteaux fortifiés. Il est donc plus juste de parler d’un motif évolutif, nourri par l’Antiquité, les légendes chrétiennes, la littérature chevaleresque et le conte merveilleux, que d’une invention strictement médiévale.

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