Abdülkâdir Meragi (1352?-1435)
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Abdülkâdir Meragi
Identité et parcours
Abdülkâdir Meragi, également appelé ʿAbd al-Qādir al-Marāghī ou ʿAbd al-Qādir ibn Ghajbī al-Marāghī, est un musicien, compositeur et théoricien de la musique actif entre la fin du XIVe et le début du XVe siècle. Son surnom nisba, al-Marāghī, le rattache à Marāgha, en Azerbaïdjan historique. Sa naissance est généralement placée vers 1352, mais cette date demeure approximative. Il mourut en 1435.
Il appartient à la génération qui assura la transmission des traditions musicales de la cour ilkhanide et jalayiride vers les milieux timourides. Sa carrière se déroula dans plusieurs centres politiques et culturels de l’Iran et de l’Asie centrale. Il fut notamment associé à la cour du sultan jalayiride Ahmad, puis aux souverains timourides. Cette mobilité témoigne de la place importante des musiciens savants dans les cours islamiques de la période.
Un maître de la théorie musicale
Meragi est surtout connu par ses écrits consacrés à la musique savante. Il y traite de la classification des modes, des intervalles, des rythmes, des formes mélodiques et des instruments. Ses ouvrages constituent l’un des témoignages majeurs sur le système musical persan et moyen-oriental à la fin du Moyen Âge. Ils ne décrivent pas seulement une pratique artistique : ils présentent également la musique comme une discipline mathématique et philosophique, selon une conception héritée de la tradition savante arabe et persane.
Son œuvre la plus célèbre est le Jāmiʿ al-alḥān (« Recueil des mélodies »), traité qui expose les fondements de la théorie musicale et fournit des indications sur le répertoire de son époque. Le Maqāṣid al-alḥān (« Les finalités des mélodies ») lui est également attribué. La transmission manuscrite de ses textes et les variantes de leurs titres rendent toutefois nécessaire une étude précise de chaque copie.
Postérité
Par son activité de compositeur et de théoricien, Abdülkâdir Meragi occupa une position centrale dans l’histoire de la musique persane et ottomane. Ses écrits furent lus, copiés et discutés par des auteurs postérieurs, contribuant à fixer le vocabulaire et les catégories de la théorie musicale de langue persane. Son influence s’étendit ainsi au-delà de la cour où il exerça, jusqu’aux traditions musicales savantes de l’Iran, de l’Anatolie et de l’Asie centrale.

Auteur/autrice
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