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Léon III

Origines et accession au pontificat

Léon III, pape de 795 à 816, succède à Hadrien Ier. Né à Rome vers le milieu du VIIIe siècle, il appartient au clergé romain et exerce avant son élection des fonctions au sein de l’administration pontificale. Il est élu pape le 26 décembre 795, au lendemain de la mort de son prédécesseur, puis consacré le même jour.

Dès le début de son pontificat, Léon III adresse à Charlemagne, roi des Francs, les clefs et l’étendard de la ville de Rome. Ce geste manifeste la recherche d’un appui politique auprès du souverain franc, dans un contexte où la papauté entretient des relations étroites avec la monarchie carolingienne. Il ne signifie toutefois pas que le pape renonce à son autorité propre sur Rome et sur les territoires pontificaux.

Crise romaine et protection carolingienne

En 799, des adversaires de Léon III l’attaquent lors d’une procession et tentent de le déposer en l’accusant notamment de fautes morales et de parjure. Le pape parvient à rejoindre Charlemagne, alors présent dans le royaume des Francs. Il est conduit à Paderborn, où s’ouvre une négociation sur son avenir et sur les accusations portées contre lui. Léon III retourne ensuite à Rome sous la protection de représentants francs.

Le souverain intervient personnellement à Rome en 800. Une assemblée réunie au Vatican entend les accusations, tandis que Léon III affirme son innocence par un serment solennel le 23 décembre. Deux jours plus tard, le 25 décembre 800, il couronne Charlemagne empereur dans la basilique Saint-Pierre. Cet acte contribue à renouveler en Occident la dignité impériale et renforce durablement les liens entre la papauté et le pouvoir carolingien, tout en alimentant les débats ultérieurs sur la place respective du pape et de l’empereur.

Relations avec l’Empire et questions doctrinales

Le pontificat de Léon III est marqué par une correspondance suivie avec Charlemagne et par la consolidation des relations entre Rome et l’Empire carolingien. Le pape soutient la vénération des images, tout en se montrant réservé à l’égard de certaines formulations théologiques défendues dans le monde franc. Dans la controverse sur l’ajout du Filioque au symbole de foi, il accepte la doctrine affirmant la procession de l’Esprit Saint du Père et du Fils, mais ne souhaite pas que cet ajout soit introduit dans le texte liturgique récité à Rome.

Léon III meurt à Rome le 12 juin 816. Il est inhumé dans la basilique Saint-Pierre et est honoré comme saint par l’Église catholique.

Auteur/autrice

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