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Pierre III (roi d’Aragon, 1239-1285)

Identité et accession au pouvoir

Pierre III d’Aragon, appelé Pere el Gran (« Pierre le Grand ») dans la tradition catalane, est roi d’Aragon, de Valence et comte de Barcelone de 1276 à 1285. Il appartient à la maison de Barcelone. Il est le fils du roi Jacques Ier d’Aragon et de Yolande de Hongrie. À la mort de son père, en 1276, il reçoit les principaux territoires de la Couronne d’Aragon, tandis que son frère Jacques devient roi de Majorque et reçoit les possessions relevant de cet autre ensemble dynastique.

Son règne s’inscrit dans une période de consolidation de la puissance aragonaise en Méditerranée. Pierre gouverne des territoires de statuts et de traditions différentes, en s’appuyant notamment sur les institutions et les élites urbaines de la Catalogne, de l’Aragon et du royaume de Valence.

La conquête de la Sicile

Pierre III est surtout connu pour son intervention en Sicile. Son épouse, Constance de Hohenstaufen, était la fille de Manfred, ancien roi de Sicile. Cette alliance lui donnait des droits dynastiques sur l’île, alors contrôlée par Charles d’Anjou avec l’appui de la papauté.

En 1282, une révolte connue sous le nom de Vêpres siciliennes renverse le pouvoir angevin à Palerme et dans une grande partie de la Sicile. Pierre III intervient alors militairement et est reconnu roi de Sicile par les insurgés. Cette décision étend l’affrontement entre la maison d’Aragon, les Angevins et la papauté. La Sicile péninsulaire reste toutefois aux mains de la maison d’Anjou, tandis que l’île devient le centre d’une monarchie liée à la Couronne d’Aragon.

Conflit avec la papauté et la France

Le pape Martin IV, favorable aux Angevins, excommunie Pierre III et déclare son royaume déchu. La papauté attribue ensuite ses droits sur l’Aragon à Charles de Valois, fils du roi de France Philippe III. Une expédition française, appelée croisade d’Aragon, est lancée contre Pierre en 1285.

Le conflit met à l’épreuve les ressources de la monarchie aragonaise. La flotte commandée par Roger de Lauria remporte une victoire importante contre les Angevins, tandis que l’armée française rencontre de fortes résistances dans les territoires pyrénéens. La campagne française échoue finalement, notamment après la défaite et la retraite de l’armée envahissante.

Mort et postérité

Pierre III meurt en 1285, peu après cette crise, à Villafranca del Penedès. Il est inhumé au monastère de Santes Creus. Son règne marque une étape décisive dans l’expansion méditerranéenne de la Couronne d’Aragon et dans l’affirmation d’une présence aragonaise en Sicile. Ses fils lui succèdent dans des ensembles distincts : Alphonse III en Aragon et Jacques en Sicile, avant que les rivalités dynastiques ne se prolongent entre les deux branches.

Auteur/autrice

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