×
  • 382 words

Muḥammad ibn al-Walīd al-Ṭurṭūshī (Abū Bakr)

Identité et formation

Abū Bakr Muḥammad ibn al-Walīd al-Ṭurṭūshī al-Qurashī est un juriste et lettré d’al-Andalus, généralement connu sous le nom d’Abū Bakr al-Ṭurṭūshī. Son surnom savant renvoie à Ṭurṭūsha (Tortosa), ville de la vallée de l’Èbre. Il vécut entre 1059 et 1126, dans une période marquée par l’affirmation des Almoravides et par d’intenses échanges intellectuels entre l’Occident musulman et l’Orient.

Il reçut une formation en sciences religieuses, notamment en droit musulman, en tradition prophétique et en langue arabe. Comme d’autres savants andalous de son temps, il entreprit un voyage d’étude vers les grands centres du Proche-Orient. Il séjourna notamment en Iraq et en Égypte, où il entra en contact avec différents maîtres et milieux lettrés. Son parcours contribua à faire circuler les traditions juridiques et intellectuelles entre al-Andalus et l’Orient musulman.

Activité intellectuelle

Al-Ṭurṭūshī est rattaché à l’école juridique malékite, dominante dans l’Occident islamique. Il fut reconnu comme juriste, prédicateur et conseiller en matière religieuse. Il exerça principalement son activité en Égypte, notamment à Alexandrie, où il enseigna et acheva l’essentiel de sa carrière. Sa réputation dépassa le cadre local, et ses avis ainsi que ses écrits furent lus dans plusieurs régions du monde musulman.

Son œuvre la plus célèbre est le Sirāj al-mulūk (« La Lampe des princes »), un traité de gouvernement et d’éthique politique. L’ouvrage rassemble des conseils adressés aux dirigeants, des récits exemplaires, des sentences et des développements sur la justice, la responsabilité du pouvoir et la conduite des fonctionnaires. Il s’inscrit dans la tradition des miroirs des princes, tout en accordant une place importante aux principes religieux et moraux du gouvernement.

Postérité

Le Sirāj al-mulūk a assuré la postérité d’al-Ṭurṭūshī bien au-delà des milieux strictement juridiques. Le texte témoigne des préoccupations politiques et sociales de son époque : maintien de l’ordre, équité du souverain, contrôle des abus et protection des populations. Al-Ṭurṭūshī mourut en 1126, probablement à Alexandrie, où il était établi.

Auteur/autrice

root@sd-146999.dedibox.fr