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Maḥmūd ibn Masʿūd Quṭb al-Dīn al-Shīrāzī

Identité et milieu intellectuel

Quṭb al-Dīn al-Shīrāzī est un savant persan de la seconde moitié du XIIIe siècle et du début du XIVe, généralement daté de 1236 à 1311. Son nom complet est Maḥmūd ibn Masʿūd al-Shīrāzī. L’épithète Quṭb al-Dīn signifie « pôle de la religion », tandis que le nisba al-Shīrāzī le rattache à Shīrāz.

Il appartient à la tradition savante qui associait philosophie, médecine, mathématiques, astronomie, sciences religieuses et réflexion mystique. Issu d’un milieu médical, il reçut une formation dans plusieurs disciplines et poursuivit son activité dans différents centres intellectuels de l’Iran et du Proche-Orient. Il fut notamment en relation avec l’école astronomique de Marāgha et avec l’héritage de Naṣīr al-Dīn al-Ṭūsī.

Œuvre philosophique et scientifique

Quṭb al-Dīn al-Shīrāzī est l’auteur d’ouvrages qui témoignent de la circulation des savoirs entre philosophie grecque, pensée islamique et sciences exactes. Son Nihāyat al-idrāk fī dirāyat al-aflāk est un traité important d’astronomie théorique. Il y examine la structure des cieux, les mouvements planétaires et certains problèmes hérités de Ptolémée. Ses travaux s’inscrivent dans les discussions suscitées par les modèles astronomiques élaborés au XIIIe siècle.

Il est également associé à une explication physique de l’arc-en-ciel, fondée sur l’étude de la réflexion et de la réfraction de la lumière. Cette contribution doit être comprise dans le cadre plus large de ses recherches en optique et en phénomènes célestes.

Philosophie, médecine et postérité

Son Durrat al-tāj li-ghurrat al-dubbāj est une vaste encyclopédie philosophique et scientifique, rédigée en persan. Quṭb al-Dīn al-Shīrāzī composa aussi des commentaires sur des œuvres philosophiques et théologiques, notamment dans le prolongement de la philosophie de Suhrawardī et de la tradition avicennienne. Ces commentaires contribuèrent à la transmission et à l’interprétation de textes majeurs dans les milieux savants persans.

Son activité de commentateur, de médecin et d’astronome lui valut une influence durable dans les écoles islamiques médiévales. Il est ainsi représentatif des savants polyvalents de l’époque ilkhānide, pour lesquels les frontières entre sciences philosophiques, mathématiques, médecine et disciplines religieuses demeuraient étroitement liées.

Auteur/autrice

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