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Nicolas III (pape, 1216-1280)

Origines et carrière ecclésiastique

Nicolas III, né Giovanni Gaetano Orsini vers 1216 à Rome, appartient à l’une des principales familles de l’aristocratie romaine. Il entre dans la carrière ecclésiastique et est créé cardinal par le pape Innocent IV en 1244. Il reçoit successivement plusieurs titres cardinalices et joue un rôle important dans la curie romaine sous les pontificats d’Innocent IV, d’Alexandre IV, d’Urbain IV et de Clément IV.

Sa position au sein du collège des cardinaux s’accompagne d’une influence croissante dans les affaires de l’Église et dans les relations entre la papauté, les pouvoirs italiens et la maison d’Anjou. Son action s’inscrit dans une période marquée par les tensions entre la papauté et l’Empire, ainsi que par les rivalités politiques en Italie centrale.

Élection et pontificat

Élu pape à Viterbe en novembre 1277, après une longue vacance du siège pontifical, Giovanni Gaetano Orsini prend le nom de Nicolas III. Son pontificat cherche à renforcer l’autonomie politique de la papauté. Il s’efforce notamment de limiter l’influence de Charles d’Anjou, roi de Sicile et comte de Provence, qui avait acquis une place prépondérante dans les affaires italiennes et pontificales.

Nicolas III intervient également dans l’organisation des États pontificaux et dans les rapports de la papauté avec les communes et les puissances italiennes. Son gouvernement est souvent associé à une politique de promotion de sa famille, pratique courante dans la politique pontificale du XIIIe siècle, mais qui contribue aussi à la réputation de népotisme attachée à son pontificat.

Les franciscains et la question de la pauvreté

En 1279, Nicolas III promulgue la constitution Exiit qui seminat, consacrée à l’interprétation de la règle franciscaine et à la question de la pauvreté évangélique. Le texte reconnaît la légitimité de l’usage des biens par les frères tout en maintenant le principe selon lequel la propriété en revient au Saint-Siège ou à d’autres détenteurs juridiques. Cette constitution devient un texte majeur des débats internes à l’ordre franciscain sur la pauvreté.

Mort et postérité

Nicolas III meurt en 1280 à Soriano nel Cimino, dans les États pontificaux. Son pontificat, relativement bref, est retenu pour la consolidation de la politique territoriale de la papauté, ses interventions dans les affaires italiennes, son action en faveur d’une certaine autonomie pontificale à l’égard des Angevins et son rôle dans la définition juridique de l’idéal franciscain de pauvreté.

Auteur/autrice

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