Paulin d’Aquilée (saint, 0730?-0802)
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Paulin d’Aquilée
Identité et carrière ecclésiastique
Paulin d’Aquilée, également appelé Paulin II d’Aquilée ou Paulinus Aquileiensis, est un ecclésiastique et lettré de la période carolingienne, mort en 802. Sa naissance est généralement située vers 730, mais les informations concernant ses origines et sa formation restent limitées. Il devint patriarche d’Aquilée en 787, dans le contexte de la réorganisation de l’Église d’Italie septentrionale sous l’autorité de Charlemagne.
Par sa fonction, Paulin participa à la consolidation de la hiérarchie ecclésiastique et à l’affirmation de la doctrine carolingienne. Il entretint des relations étroites avec le milieu intellectuel de la cour de Charlemagne, auquel il est associé comme maître et auteur. Son activité s’inscrit dans le mouvement de réforme religieuse et scolaire qui chercha à améliorer la formation du clergé, la correction des textes liturgiques et l’enseignement de la doctrine chrétienne.
Un acteur de la controverse adoptionniste
Paulin prit part à la lutte contre l’adoptionnisme, doctrine soutenue notamment par Élipand de Tolède et Félix d’Urgell. Les adoptionnistes distinguaient, dans leur formulation du mystère du Christ, la filiation divine éternelle du Verbe et une forme de filiation adoptive concernant l’humanité du Christ. Paulin défendit la doctrine considérée comme orthodoxe par les Carolingiens, selon laquelle le Christ est véritablement le Fils de Dieu et non un fils adoptif au sens doctrinal condamné par les conciles.
Il fut associé aux débats théologiques réunis sous l’autorité de Charlemagne, notamment à ceux qui aboutirent aux condamnations de l’adoptionnisme à la fin du VIIIe siècle. Son traité contre Félix d’Urgell, souvent désigné comme Libri tres contra Felicem, témoigne de cette intervention. Paulin y mobilise l’Écriture, la tradition patristique et l’argumentation doctrinale caractéristique de la Renaissance carolingienne.
Œuvre et postérité
Paulin composa également des textes de caractère pastoral, doctrinal et poétique. Le Liber exhortationis propose des conseils à un responsable chrétien sur la conduite morale, la prière et le gouvernement des fidèles. D’autres écrits, parmi lesquels des poèmes et des formules liturgiques, révèlent son intérêt pour la langue latine, la transmission correcte de la foi et la formation religieuse.
Après sa mort en 802, sa mémoire fut conservée dans la tradition ecclésiastique d’Aquilée. Il est vénéré comme saint, même si les détails de son culte et de sa biographie demeurent moins bien documentés que son rôle dans les controverses théologiques carolingiennes.

Auteur/autrice
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