Philippe II (duc de Bourgogne, 1342-1404)
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Philippe II le Hardi
Origines et accession au duché de Bourgogne
Philippe II, dit le Hardi, est un prince de la dynastie des Valois, né en 1342 et mort en 1404. Quatrième fils du roi Jean II le Bon et de Bonne de Luxembourg, il appartient à la génération qui accompagne l’affirmation de la monarchie française pendant la guerre de Cent Ans. Son surnom lui aurait été donné après sa conduite lors de la bataille de Poitiers, en 1356, où il combattit aux côtés de son père.
En 1363, le roi Jean II lui attribue le duché de Bourgogne, alors revenu à la couronne après l’extinction de la première lignée capétienne des ducs. Philippe devient ainsi le fondateur de la maison de Valois-Bourgogne. Le duché constitue le centre de ses possessions, mais son influence repose aussi sur ses liens étroits avec la monarchie française.
Le mariage flamand et la constitution d’un grand patrimoine
Philippe épouse en 1369 Marguerite, fille et héritière de Louis de Male, comte de Flandre. Cette union, préparée par la politique de Charles V, lui ouvre des droits considérables dans les principautés des Pays-Bas. À la mort de son beau-père, en 1384, Philippe et son épouse recueillent notamment les comtés de Flandre, d’Artois, de Bourgogne et de Nevers, ainsi que le comté de Rethel. Cet ensemble territorial accroît fortement la puissance de la maison de Bourgogne et lui donne une position majeure entre le royaume de France et l’Empire.
Philippe favorise l’administration de ses États, le développement des finances princières et le rayonnement artistique de sa cour. Il fait notamment établir à Dijon la chartreuse de Champmol, destinée à devenir la nécropole de sa lignée et un important centre de sculpture et de peinture.
Un prince au cœur du gouvernement français
Après la mort de Charles V en 1380, Philippe exerce une influence déterminante sur le gouvernement du jeune Charles VI. Il appartient au groupe des princes qui assurent la direction du royaume pendant la minorité du souverain. Lorsque Charles VI connaît des épisodes de maladie, à partir de 1392, Philippe reprend une place centrale dans les affaires politiques, en concurrence avec Louis d’Orléans, frère du roi. Cette rivalité annonce les affrontements entre les partis bourguignon et armagnac du début du XVe siècle.
La croisade et la succession
Philippe participe à l’expédition chrétienne menée contre les Ottomans et conclue par la défaite de Nicopolis en 1396. Il meurt en 1404, laissant le duché à son fils Jean sans Peur. Par son mariage, ses acquisitions territoriales et son action politique, il a établi les bases de la puissance des grands-ducs de Bourgogne du XVe siècle.

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