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Théodoret de Cyr

Vie et fonction ecclésiastique

Théodoret de Cyr, ou Théodoret de Cyrrhus, est un évêque et théologien grec de l’Antiquité tardive, né vers 393 et mort vers 466. Il appartient au milieu ecclésiastique d’Antioche, dont la tradition exégétique insistait sur l’attention au sens historique et littéral des Écritures. Il devint évêque de Cyr, en Syrie, probablement au début des années 420. Son diocèse, vaste et rural, se trouvait dans la province de l’Euphratèse.

Comme évêque, Théodoret administra son Église, développa l’enseignement chrétien et intervint dans les débats doctrinaux de son temps. Ses lettres témoignent de son activité pastorale, de ses relations avec d’autres évêques et de son souci de défendre la foi qu’il jugeait conforme à la tradition d’Antioche.

Théologie et controverses christologiques

Théodoret s’opposa aux positions de Cyrille d’Alexandrie dans la controverse relative à Nestorius et à la manière de formuler l’union du divin et de l’humain dans le Christ. Il défendait une distinction réelle entre la divinité et l’humanité du Christ, tout en affirmant leur unité dans une même personne. Ses écrits furent ainsi associés à la christologie dite antiochienne, même si les formules et les positions de cette école ne furent pas entièrement uniformes.

Au concile d’Éphèse, en 431, Théodoret soutint les adversaires de Cyrille. Il fut ensuite visé par des condamnations et par des mesures d’exclusion. Le deuxième concile d’Éphèse, réuni en 449, le déposa, mais cette décision fut rejetée par les évêques réunis à Chalcédoine en 451. Théodoret y fut rétabli après avoir reconnu la condamnation de Nestorius et accepté la confession de foi chalcédonienne. Ses positions furent toutefois de nouveau discutées dans les controverses postérieures, et sa mémoire fut condamnée à titre posthume lors du deuxième concile de Constantinople, en 553.

Œuvre et postérité

Théodoret est l’un des écrivains grecs les plus féconds de son époque. Son Histoire ecclésiastique couvre principalement la période allant de 323 à 428 et poursuit l’œuvre d’Eusèbe de Césarée. La Histoire des moines de Syrie présente la vie d’ascètes syriens, tandis que le traité Thérapeutique des maladies helléniques expose une critique chrétienne des croyances et des pratiques païennes.

Il composa également des commentaires bibliques, des ouvrages doctrinaux et une importante correspondance. Son œuvre historique et exégétique fut conservée, traduite et largement utilisée au Moyen Âge grec et latin. Elle constitue un témoignage majeur sur les débats théologiques, les institutions ecclésiastiques et la vie religieuse de l’Orient chrétien au Ve siècle.

Auteur/autrice

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