×
  • 441 words

Marie de Bourgogne (1457-1482)

Origines et accession

Marie de Bourgogne naît en 1457, fille unique de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, et d’Isabelle de Bourbon. À la mort de son père, tué à la bataille de Nancy en janvier 1477, elle hérite de l’ensemble des possessions bourguignonnes qui relèvent de sa succession, notamment les Pays-Bas bourguignons. Elle devient ainsi duchesse de Bourgogne de plein droit, dans un contexte de crise politique et militaire.

Son avènement est immédiatement contesté par le roi de France Louis XI, qui cherche à s’emparer du duché de Bourgogne et d’autres territoires dépendant de l’héritage paternel. Dans les principautés des Pays-Bas, les villes et les États imposent à la jeune duchesse des concessions destinées à renforcer leurs libertés et leurs prérogatives. Le Grand Privilège accordé en 1477 constitue l’un des principaux textes de ce compromis politique.

Mariage et gouvernement

Pour faire face à la pression française, Marie épouse en août 1477 Maximilien d’Autriche, fils de l’empereur Frédéric III et futur empereur sous le nom de Maximilien Ier. Le mariage ouvre une longue alliance entre la maison de Habsbourg et les territoires bourguignons des Pays-Bas. Marie conserve cependant la dignité de duchesse et demeure l’héritière autour de laquelle s’organise la défense de ses États.

Le gouvernement est exercé conjointement avec Maximilien, mais les rapports entre le couple princier, les grands seigneurs et les villes restent marqués par les tensions nées de la succession de 1477. La restauration de l’autorité ducale s’accompagne d’opérations militaires contre les forces françaises et de négociations avec les représentants des provinces. Le règne personnel de Marie est bref et son pouvoir s’exerce dans un cadre institutionnel fortement contraint.

Mort et postérité dynastique

Marie meurt en 1482 après une chute de cheval survenue au cours d’une chasse. Elle laisse deux enfants, Philippe le Beau et Marguerite d’Autriche. Par Philippe, l’héritage bourguignon passe à la génération qui donnera naissance à la puissance dynastique des Habsbourg sous Charles Quint. La mort de Marie entraîne aussi une nouvelle phase de conflits entre Maximilien, les villes flamandes et la monarchie française au sujet de la tutelle de son fils et de l’administration des Pays-Bas.

Souvent désignée comme « Marie la Riche », elle est devenue une figure importante de l’histoire politique des Pays-Bas bourguignons. Son règne, limité à cinq années, marque le transfert de la succession bourguignonne de la maison de Valois-Bourgogne à la maison de Habsbourg.

Auteur/autrice

root@sd-146999.dedibox.fr