Jeanne I (reine de Naples, 1326?-1382)
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Jeanne I, reine de Naples
Origines et accession au trône
Jeanne I d’Anjou, ou Giovanna d’Angiò, est une reine de Naples issue de la dynastie angevine. Elle est généralement considérée comme née en 1326, mais sa date de naissance n’est pas assurée avec la même précision que les principales étapes de son règne. Elle est la fille de Charles, duc de Calabre, et de Marie de Valois, ainsi que la petite-fille du roi Robert d’Anjou.
À la mort de Robert, en 1343, Jeanne lui succède dans le royaume de Naples. Son avènement s’inscrit dans un contexte dynastique tendu : la succession est contestée par les proches de son premier époux, André de Hongrie, frère du roi Louis Ier de Hongrie. Jeanne est couronnée reine à Naples en 1343, sous la tutelle et l’influence de plusieurs conseillers et factions de la cour.
Un règne marqué par les conflits dynastiques
André de Hongrie est assassiné en 1345. Jeanne est soupçonnée d’avoir été impliquée dans ce meurtre, accusation qui sert de fondement aux interventions de Louis Ier de Hongrie dans le royaume de Naples. Celui-ci envahit le royaume en 1347-1348, contraignant Jeanne à se réfugier temporairement en Provence puis à solliciter l’appui du pape. La responsabilité personnelle de la reine dans l’assassinat d’André demeure discutée par les historiens.
Jeanne épouse ensuite Louis de Tarente, qui exerce une influence importante sur le gouvernement jusqu’à sa mort. Elle se remarie plus tard avec Jacques IV de Majorque, puis avec Othon de Brunswick. Ces unions répondent autant à des nécessités politiques qu’à des considérations dynastiques. Le règne est également marqué par les difficultés financières, les rivalités nobiliaires et les tensions entre les différents rameaux de la maison d’Anjou.
La crise de succession et la mort
Jeanne prend part aux luttes de la papauté et soutient Clément VII au début du Grand Schisme. En 1380, le pape Urbain VI la dépose et reconnaît comme héritier Charles de Durazzo, un autre membre de la maison d’Anjou. Charles envahit le royaume, s’empare de Naples et fait emprisonner Jeanne. Celle-ci avait adopté comme héritier Louis Ier d’Anjou, rival de Charles dans la succession napolitaine.
Jeanne est mise à mort en 1382, à Muro Lucano, sur l’ordre de Charles de Durazzo. Sa disparition ouvre une longue lutte entre les branches angevines de Naples et de Provence. Elle reste une figure controversée de l’histoire médiévale italienne, présentée selon les périodes comme une souveraine capable, une reine dominée par son entourage ou une victime des rivalités dynastiques.

Auteur/autrice
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