Robert d’Anjou (1278-1343)
- 437 words
Robert d’Anjou (1278-1343)
Identité et accession au trône
Robert d’Anjou, appelé aussi Robert le Sage ou Robert Ier d’Anjou, est roi de Naples de 1309 à 1343. Il appartient à la dynastie capétienne d’Anjou, issue de Charles Ier d’Anjou. Il est le fils de Charles II, roi de Naples, et de Marie de Hongrie. Les notices anciennes donnent parfois 1277 comme année de naissance ; la tradition retenue ici est celle de 1278.
Destiné à succéder à son père, Robert fut impliqué dans les luttes qui opposèrent la maison d’Anjou aux rois d’Aragon au sujet de la Sicile. Capturé en 1284 lors d’un affrontement naval, il demeura plusieurs années prisonnier en Aragon avant d’être libéré dans le cadre des accords diplomatiques conclus entre les deux dynasties. Il épousa d’abord Yolande d’Aragon, puis Sancha de Majorque.
Le règne napolitain
À la mort de Charles II, Robert obtint la succession au détriment des droits de son neveu Charles, fils de Charles Martel de Hongrie. Son accession bénéficia du soutien pontifical, dans le contexte de l’étroite alliance entre la monarchie angevine de Naples et la papauté. Il fut couronné roi de Naples en 1309 et porta également les titres liés aux prétentions angevines sur le royaume de Jérusalem.
Son règne se déroula dans un environnement politique instable. Robert défendit les intérêts angevins en Italie méridionale et soutint le parti guelfe, favorable à la papauté, contre les forces impériales et gibelines. Il s’opposa notamment aux entreprises de l’empereur Henri VII en Italie, puis à celles de Louis de Bavière. Sa politique reposait sur un réseau d’alliances matrimoniales, diplomatiques et territoriales qui renforça temporairement la position de Naples dans la péninsule.
Un prince de culture
Robert fut réputé pour sa piété, son éloquence et son intérêt pour les savoirs. La cour de Naples accueillit des lettrés, des théologiens et des artistes, dans un milieu où se croisaient les traditions françaises, italiennes et méditerranéennes. Pétrarque lui attribua une haute compétence intellectuelle et le présenta comme un souverain particulièrement instruit. Cette image du « Sage » participa durablement à la mémoire du roi.
Robert mourut en 1343. Comme il ne laissait pas de fils survivant destiné à lui succéder, la couronne passa à sa petite-fille Jeanne, sous la régence de sa mère, Marie de Valois. Son règne constitue l’un des moments majeurs de l’affirmation politique et culturelle de la maison d’Anjou à Naples.

Auteur/autrice
root@sd-146999.dedibox.fr
