Cangrande Della Scala (1291-1329)
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Cangrande della Scala (1291-1329)
Origines et accession au pouvoir
Cangrande della Scala, appelé aussi Cangrande I della Scala, est un seigneur de la famille della Scala, ou Scaliger, qui domina Vérone et une partie de l’Italie du Nord aux XIIIe et XIVe siècles. Il naît en 1291, probablement à Vérone, dans une famille déjà solidement implantée dans les institutions communales de la ville. Il est le fils d’Alberto I della Scala et de Verde da Salizzole.
À la mort de son frère aîné Alboino, en 1311, Cangrande partage d’abord le pouvoir à Vérone avec son autre frère, Alboino ayant auparavant exercé la seigneurie avec lui. Il s’impose ensuite comme le principal représentant de la dynastie scaligère. Son autorité repose à la fois sur le contrôle de Vérone, sur des alliances avec les forces gibelines et sur la conduite d’une politique militaire active.
Expansion et politique italienne
Cangrande poursuit l’expansion territoriale de Vérone. Il intervient dans les conflits qui opposent les villes de la plaine du Pô et s’empare notamment de Vicence en 1311. Ses entreprises l’amènent à affronter les puissances concurrentes de la région, en particulier Padoue et les seigneuries alliées à la papauté ou au parti guelfe. En 1318, il devient seigneur de Padoue, mais la résistance locale et les coalitions formées contre lui limitent la durée de cette domination.
Son pouvoir est lié à la cause impériale. En 1311, l’empereur Henri VII lui confère le vicariat impérial à Vérone, titre qui renforce sa légitimité dans le cadre des rivalités entre guelfes et gibelins. Cangrande exploite toutefois les institutions communales et les réseaux de fidélité de manière pragmatique, en consolidant autour de Vérone une principauté territoriale en voie de formation.
Relations avec Dante et image du prince
Cangrande est traditionnellement présenté comme le protecteur de Dante Alighieri durant l’exil du poète. Dante séjourna dans les territoires scaligères, notamment à Vérone, et dédia à Cangrande la troisième partie de la Comédie, le Paradis, selon une tradition ancienne. La portée exacte de cette dédicace et l’attribution de la lettre qui l’accompagne ont cependant fait l’objet de discussions. La réputation de Cangrande comme mécène s’est néanmoins durablement attachée à son nom.
Mort et postérité
Cangrande meurt à Trévise en 1329, peu après avoir pris le contrôle de la ville. Les circonstances de sa mort ont suscité diverses hypothèses, mais les interprétations médicales et historiques ne permettent pas de retenir avec certitude une cause unique. Son neveu Mastino II della Scala lui succède et porte la puissance scaligère à son apogée avant son recul progressif.

Auteur/autrice
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