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Frédéric II (roi de Sicile, 1272-1337)

Identité et accession au trône

Frédéric II d’Aragon, généralement appelé Frédéric III dans la documentation sicilienne, fut roi de Sicile de 1296 à 1337. Né en 1272, il était le fils de Pierre III d’Aragon et de Constance de Hohenstaufen. Il appartenait ainsi à la dynastie aragonaise, tout en se réclamant de l’héritage des Hohenstaufen par sa mère.

Son règne s’inscrit dans le conflit opposant la couronne d’Aragon, les souverains angevins de Naples et la papauté pour le contrôle de la Sicile. Après les Vêpres siciliennes de 1282, l’île était gouvernée par la branche aragonaise, tandis que les Angevins conservaient le royaume continental centré sur Naples. Frédéric fut choisi comme roi par les Siciliens en 1296, avec l’appui des élites insulaires désireuses de préserver leur autonomie face aux prétentions angevines.

Le conflit avec les Angevins

La guerre se poursuivit malgré les tentatives de règlement diplomatique. Le traité de Caltabellotta, conclu en 1302, reconnut à Frédéric la possession de la Sicile, désignée dans la terminologie diplomatique comme le royaume de Trinacrie, mais à titre viager. Le royaume de Naples, appelé aussi royaume de Sicile par ses souverains angevins, demeurait distinct. Cette ambiguïté explique la coexistence de deux monarchies revendiquant le nom et l’héritage du royaume de Sicile.

Frédéric refusa toutefois de limiter son autorité à une simple possession temporaire. Il maintint son pouvoir sur l’île et transmit finalement la couronne à sa descendance. Son mariage avec Éléonore d’Anjou, fille de Charles II de Naples, contribua à établir un lien dynastique entre les deux maisons rivales, sans mettre fin à leur opposition politique.

Gouvernement et héritage

Le règne de Frédéric fut marqué par la consolidation de la monarchie sicilienne et par la défense des intérêts de l’île contre les interventions extérieures. La couronne s’appuya sur les institutions et les élites locales, tandis que la Sicile demeurait engagée dans les réseaux politiques et commerciaux de la Méditerranée occidentale.

Frédéric mourut en 1337. Son fils Pierre II lui succéda. Dans l’histoire de la Sicile médiévale, il est considéré comme le souverain qui assura durablement la continuité de la dynastie aragonaise insulaire après les guerres des Vêpres.

Auteur/autrice

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