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Henri IV (empereur germanique, 1050-1106)

Origines et accession au pouvoir

Henri IV, de la dynastie salienne, fut roi des Romains puis empereur. Il était le fils de l’empereur Henri III et d’Agnès de Poitiers. Né en 1050, il succéda à son père comme roi des Romains en 1056, alors qu’il était encore mineur. La régence fut d’abord exercée au nom du jeune souverain, notamment par sa mère, puis par plusieurs grands du royaume. Henri prit progressivement en main le gouvernement et chercha à renforcer l’autorité royale dans les duchés, en particulier en Saxe.

Conflits en Allemagne et avec la papauté

La politique d’Henri suscita une forte opposition des princes saxons. Leur révolte, commencée en 1073, contraignit le roi à des concessions temporaires, avant qu’il ne reprenne l’avantage militaire. Le conflit avec la papauté fut toutefois plus durable et plus grave. Il portait notamment sur la nomination des évêques et sur la conception de l’autorité respective du roi et du pape, dans le contexte de la réforme de l’Église.

Le pape Grégoire VII condamna l’intervention d’Henri dans les élections épiscopales et l’excommunia en 1076. En janvier 1077, Henri se rendit à Canossa, en Italie, afin d’obtenir la levée de l’excommunication. Cet épisode devint par la suite l’un des symboles majeurs de la querelle des Investitures, même si la pénitence du roi ne mit pas fin à l’affrontement. Des princes allemands avaient entre-temps élu roi son rival Rodolphe de Rheinfelden. Henri poursuivit la lutte contre ses opposants et contre Grégoire VII, qui l’excommunia de nouveau.

Règne impérial et dernières années

Henri fut couronné empereur à Rome en 1084 par l’antipape Clément III. Il continua à défendre les prérogatives de la royauté dans les affaires ecclésiastiques, tout en affrontant de nouvelles résistances en Allemagne et en Italie. Son règne fut marqué par une succession de guerres civiles, de changements d’alliances et de conflits avec plusieurs évêques et princes.

À la fin de sa vie, Henri entra en conflit avec son fils Henri, le futur Henri V, qui se révolta contre lui en 1104. Le souverain fut contraint de renoncer au pouvoir en 1105, mais il tenta ensuite de reprendre sa cause. Il mourut à Liège en 1106, sans avoir obtenu la pleine réconciliation avec l’Église. Son règne illustre la tension entre monarchie impériale, principautés territoriales et réforme pontificale au tournant des XIe et XIIe siècles.

Auteur/autrice

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