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Baybars (sultan d’Égypte et de Syrie, 1223-1277)

Origines et accession au pouvoir

Baybars, également nommé Baibars, fut l’un des principaux souverains du sultanat mamelouk d’Égypte et de Syrie. D’origine turque, il fut réduit en esclavage puis intégré à l’élite militaire mamelouke. Il appartient au groupe des Mamelouks bahrites, ainsi désignés parce qu’ils étaient cantonnés sur l’île de Rawda, dans le Nil, au Caire.

Il se distingua dans les luttes politiques et militaires qui suivirent la mort du sultan al-Salih Ayyub. En 1250, les Mamelouks prirent le pouvoir en Égypte et mirent fin à la domination directe de la dynastie ayyoubide. Baybars joua ensuite un rôle important dans la défense du pays contre les offensives mongoles et dans les rivalités internes du sultanat. Après l’assassinat du sultan Qutuz, en 1260, il lui succéda et régna jusqu’à sa mort en 1277.

La lutte contre les Mongols et les États latins

Baybars est particulièrement associé à la victoire remportée par les Mamelouks sur les Mongols à ʿAyn Jālūt, en Palestine, en septembre 1260. Cette bataille, livrée peu après la prise de Bagdad par les Mongols, arrêta leur progression vers l’Égypte et permit au sultanat mamelouk d’affirmer sa domination sur la Syrie. La victoire contribua aussi à faire de l’État mamelouk la principale puissance musulmane du Proche-Orient.

Pendant son règne, Baybars mena une politique offensive contre les États latins établis sur le littoral levantin. Ses campagnes aboutirent à la prise ou à la réduction de plusieurs places fortes et affaiblirent durablement la présence croisée en Syrie et en Palestine. Il combattit également les principautés arméniennes de Cilicie ainsi que diverses forces rivales dans la région.

Gouvernement et héritage

Baybars renforça l’autorité du sultan et réorganisa l’administration, l’armée et les réseaux de communication. Il développa les fortifications, fit restaurer des routes et des relais, et entretint une correspondance diplomatique active avec les puissances voisines. Il contribua aussi à la restauration d’un califat abbasside au Caire, institution surtout symbolique destinée à renforcer la légitimité religieuse du pouvoir mamelouk.

Son règne marqua la consolidation du sultanat mamelouk comme grande puissance régionale. Les chroniqueurs lui attribuent une énergie militaire exceptionnelle et une politique de centralisation rigoureuse. Baybars mourut en 1277, laissant un État plus solidement organisé et capable de poursuivre la lutte contre les Mongols comme contre les derniers établissements croisés.

Auteur/autrice

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