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Jacques II (roi d’Aragon, 1267-1327)

Origines et accession

Jacques II d’Aragon est le fils de Pierre III d’Aragon et de Constance de Sicile. Né en 1267, il appartient à la maison de Barcelone, qui gouverne alors la Couronne d’Aragon et possède d’importants intérêts en Méditerranée. À la mort de son frère aîné Alphonse III, en 1291, Jacques lui succède comme roi d’Aragon, de Valence et comte de Barcelone. Il avait auparavant exercé le pouvoir en Sicile, où il était reconnu comme roi sous le nom de Jacques Ier.

Le règlement de la question sicilienne

Le règne de Jacques II est d’abord marqué par le conflit opposant la Couronne d’Aragon à la papauté, à la maison d’Anjou et aux adversaires de la domination aragonaise en Sicile. Par le traité d’Anagni, conclu en 1295, Jacques renonce à ses droits sur la Sicile insulaire et se rapproche du pape Boniface VIII. En échange, il obtient notamment la promesse de l’investiture pontificale de la Sardaigne et de la Corse. La renonciation reste toutefois contestée par son frère Frédéric, qui devient roi de Sicile et poursuit la lutte contre les Angevins.

Expansion méditerranéenne et gouvernement

Jacques II cherche à consolider la puissance aragonaise en Méditerranée occidentale. Après l’investiture pontificale, il engage la conquête de la Sardaigne à partir de 1323. Cette entreprise, menée dans un contexte de rivalité avec Pise, ne s’achève pas entièrement de son vivant, mais elle constitue une étape majeure de l’expansion de la Couronne d’Aragon.

Son gouvernement repose sur la négociation avec les principaux corps politiques de ses États, notamment les cortes d’Aragon, de Valence et de Catalogne. Il favorise l’action diplomatique, les relations commerciales et l’organisation administrative de la monarchie. Ses alliances matrimoniales renforcent les liens avec plusieurs dynasties européennes. Il épouse successivement Isabelle de Castille, Blanche d’Anjou, Marie de Chypre et Élisen de Montcada.

Mort et postérité

Jacques II meurt en 1327. Son règne contribue à affermir la position internationale de la Couronne d’Aragon, tout en laissant ouvertes plusieurs rivalités, en particulier autour de la Sicile et de la Sardaigne. Il est également associé au développement d’une monarchie méditerranéenne fondée sur l’articulation entre les possessions péninsulaires, les territoires insulaires et les réseaux commerciaux.

Auteur/autrice

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