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Philippe Ier

Identité et accession au trône

Philippe Ier, né en 1052 et mort en 1108, est roi des Francs de 1060 à 1108. Il est le fils du roi Henri Ier et d’Anne de Kiev. Associé au pouvoir par son père, il est sacré à Reims en 1059, alors qu’il est encore enfant. À la mort d’Henri Ier, en 1060, la régence est exercée par sa mère et par Baudouin V, comte de Flandre, jusqu’à la majorité du jeune roi.

Son règne, particulièrement long, s’inscrit dans une période où l’autorité royale demeure surtout concentrée dans le domaine propre des Capétiens. Philippe Ier cherche à renforcer ce domaine par des acquisitions et par une politique matrimoniale, tout en composant avec de puissants princes territoriaux, notamment les ducs de Normandie et les comtes d’Anjou et de Flandre.

Politique royale et relations féodales

Philippe Ier intervient dans les rivalités qui opposent les grands seigneurs du royaume. Il s’oppose notamment à Guillaume le Conquérant, devenu roi d’Angleterre en 1066 et duc de Normandie, dont la puissance menace l’équilibre politique du royaume. Le roi soutient à plusieurs reprises les adversaires de Guillaume, sans parvenir à réduire durablement l’autonomie normande.

La politique de Philippe Ier contribue néanmoins à l’affermissement progressif de la monarchie capétienne. Il acquiert le Gâtinais en 1068 et étend son contrôle sur plusieurs terres proches du domaine royal. En 1101, il associe son fils Louis au gouvernement et le fait sacrer roi, suivant une pratique destinée à assurer la continuité dynastique. Louis lui succède en 1108 sous le nom de Louis VI.

Conflit avec l’Église et fin du règne

La vie matrimoniale de Philippe Ier provoque un long conflit avec la papauté et les évêques. Après s’être séparé de Berthe de Hollande, son épouse, il vit avec Bertrade de Montfort, épouse du comte d’Anjou. Cette union, considérée comme irrégulière par l’Église, entraîne des condamnations et l’excommunication du roi. Le différend s’apaise progressivement, sans que Philippe renonce immédiatement à Bertrade.

Philippe Ier meurt en 1108 à Melun. Il est inhumé à l’abbaye de Fleury, à Saint-Benoît-sur-Loire, et non dans la nécropole royale de Saint-Denis. Son règne marque une étape importante dans la consolidation de la dynastie capétienne, même si les moyens directs de la royauté restent encore limités face aux grandes principautés.

Auteur/autrice

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