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Aliénor d’Aquitaine (reine de France, 1122-1204)

Origines et héritage

Aliénor d’Aquitaine, également appelée Éléonore d’Aquitaine, est l’une des grandes figures politiques de la seconde moitié du XIIe siècle. Fille de Guillaume X, duc d’Aquitaine, et d’Aénor de Châtellerault, elle devient duchesse d’Aquitaine et comtesse de Poitiers à la mort de son père, en 1137. Son héritage comprend de vastes possessions dans le sud-ouest du royaume de France, ce qui fait d’elle une héritière d’une importance exceptionnelle.

Reine de France puis d’Angleterre

En 1137, Aliénor épouse Louis, fils du roi Louis VI, qui devient peu après Louis VII. Elle est ainsi reine de France. Le couple participe à la deuxième croisade (1147-1149), mais son mariage demeure sans héritier masculin durable et se détériore progressivement. L’union est annulée en 1152 pour cause de consanguinité, avec l’accord de l’Église.

Quelques semaines plus tard, Aliénor épouse Henri Plantagenêt, duc de Normandie et comte d’Anjou. Lorsque Henri devient roi d’Angleterre sous le nom d’Henri II, en 1154, elle devient reine d’Angleterre. Cette union place les possessions aquitaines d’Aliénor dans un ensemble territorial gouverné par les Plantagenêts, souvent désigné par les historiens comme l’« empire angevin », sans constituer un État unifié au sens moderne.

Une actrice majeure de la politique dynastique

Aliénor donne à Henri II plusieurs enfants, parmi lesquels Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre. Elle conserve ses droits, ses réseaux et une influence propre sur l’Aquitaine. En 1173-1174, elle soutient la révolte de plusieurs de ses fils contre Henri II. Après l’échec du soulèvement, elle est maintenue sous surveillance et en détention pendant une longue période, jusqu’à la mort du roi en 1189.

Redevenue libre sous le règne de Richard, Aliénor joue un rôle central dans le gouvernement du royaume pendant l’absence de son fils parti en croisade. Elle intervient également dans la défense de la succession dynastique après la mort de Richard, en 1199, en faveur de Jean. Dans les dernières années de sa vie, elle demeure active dans les affaires politiques et familiales de la maison Plantagenêt.

Aliénor meurt en 1204 et est inhumée à l’abbaye de Fontevraud, auprès d’Henri II et de Richard Cœur de Lion. Son parcours illustre l’importance que pouvaient exercer, au Moyen Âge, les héritières détentrices de principautés territoriales.

Auteur/autrice

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