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Bohémond III d’Antioche

Identité et accession

Bohémond III, dit aussi Bohémond le Bègue, est prince d’Antioche de 1163 à 1201. Il est généralement considéré comme né vers 1144 et mort en 1201. Il est le fils de Raymond de Poitiers et de Constance d’Antioche. Son accession intervient après la déposition de sa mère, dont l’autorité est contestée par une partie de la noblesse de la principauté. Bohémond III devient alors le principal représentant de la dynastie poitevine dans la principauté d’Antioche.

Le gouvernement de la principauté

Son long règne se déroule dans un contexte de forte pression exercée sur les États latins d’Orient. La principauté d’Antioche doit composer avec les puissances musulmanes de Syrie, avec l’Empire byzantin et avec les États arméniens de Cilicie. Bohémond cherche à préserver l’autonomie d’Antioche, tout en maintenant les alliances nécessaires à sa défense.

En 1164, il est capturé à la bataille de Harim par Nûr al-Dîn, qui l’emmène prisonnier à Alep. Il est libéré l’année suivante, notamment grâce à l’intervention de plusieurs princes et au versement d’une rançon. Cet épisode illustre la vulnérabilité militaire de la principauté, située à la limite des territoires musulmans et soumise à des attaques régulières.

Relations avec les puissances voisines

Bohémond III entretient des rapports étroits mais souvent conflictuels avec les dirigeants du comté de Tripoli, en particulier avec Raymond III, son parent et allié politique. Il doit également négocier avec les souverains arméniens de Cilicie, dont l’influence s’accroît au nord de la principauté. Les relations avec l’Empire byzantin restent importantes, notamment sous le règne de Manuel Ier Comnène, qui cherche à exercer une influence sur Antioche.

Après la mort de Nûr al-Dîn et l’ascension de Saladin, Bohémond participe à la défense des États latins. Il connaît toutefois les divisions internes qui affaiblissent leur résistance. En 1187, après la défaite de Hattin et la conquête de Jérusalem par Saladin, Antioche demeure l’un des principaux foyers de résistance latine en Syrie. Bohémond conclut ensuite une trêve avec Saladin, destinée à préserver la principauté.

Fin du règne et succession

À la fin de sa vie, Bohémond III est confronté aux rivalités successorales entre ses fils, Raymond et Bohémond. Ces tensions favorisent l’intervention de la noblesse locale, des puissances voisines et des autorités ecclésiastiques. À sa mort, en 1201, la principauté entre dans une période de contestation dynastique opposant notamment Bohémond IV et Raymond-Roupen.

Auteur/autrice

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