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Charles de Bovelles (1479-1567)

Identité et formation

Charles de Bovelles, également appelé Charles de Bouelles, Carolus Bovillus ou Carolus Bovilus, est un philosophe, théologien, mathématicien et humaniste français. Né en 1479 et mort en 1567, il appartient à la génération de la Renaissance qui assure la transition entre la culture scolastique médiévale et les nouvelles orientations de l’humanisme. Il fut formé à l’Université de Paris, dans un milieu intellectuel marqué par l’enseignement de la logique, de la philosophie naturelle et des mathématiques.

Il fut proche de Jacques Lefèvre d’Étaples et du cercle humaniste réuni autour de celui-ci. Cette fréquentation contribua à son intérêt pour les textes anciens, pour le renouvellement des méthodes pédagogiques et pour une réflexion qui associait philosophie, théologie, sciences du quadrivium et étude du langage. Bovelles exerça également des fonctions ecclésiastiques, notamment comme chanoine de Noyon.

Œuvre philosophique et scientifique

L’œuvre de Bovelles est abondante et couvre des domaines aujourd’hui séparés, mais que la culture de son temps concevait comme étroitement liés. Son Liber de sapiente, publié en 1509, développe une réflexion sur le « sage », présenté comme l’être capable de prendre conscience de l’ordre du monde et de sa propre place dans celui-ci. L’homme y apparaît comme un intermédiaire entre les réalités matérielles et les réalités spirituelles.

Il consacra aussi plusieurs traités aux mathématiques, à la géométrie, aux nombres et aux figures. La géométrie n’est pas chez lui une simple technique : elle constitue un moyen d’explorer les structures de la nature et les rapports entre le visible et l’intelligible. Ses ouvrages témoignent d’un intérêt constant pour les correspondances entre les formes, les nombres, les oppositions et les degrés de l’être.

Importance et réception

Bovelles est représentatif d’une pensée de la Renaissance encore profondément nourrie de références médiévales. Il reprend des thèmes issus de la tradition néoplatonicienne, de la théologie chrétienne et de la philosophie scolastique, tout en accordant une place nouvelle à l’observation, aux arts du langage et aux sciences mathématiques. Sa réflexion sur l’homme, le savoir et la connaissance de soi a retenu l’attention des historiens de la philosophie et de l’histoire des sciences.

Son œuvre, longtemps moins connue que celle d’autres humanistes français, est aujourd’hui étudiée pour comprendre les transformations intellectuelles qui conduisent de la culture universitaire médiévale aux formes nouvelles de la pensée renaissante.

Auteur/autrice

root@sd-146999.dedibox.fr