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Eudocie (impératrice d’Orient, vers 401-460)

Origines et accession impériale

Eudocie, connue avant son mariage sous le nom d’Athénaïs, fut impératrice de l’Empire romain d’Orient par son union avec Théodose II. Elle était probablement issue d’un milieu cultivé de la cité d’Athènes. Son père, Léontios, est généralement présenté comme un professeur de philosophie. À la mort de celui-ci, Athénaïs aurait gagné Constantinople afin de faire valoir ses droits dans un conflit familial. Sa culture et son éloquence attirèrent l’attention de Pulchérie, sœur de Théodose II, qui aurait favorisé son entrée à la cour.

Baptisée dans le christianisme sous le nom d’Eudocie, elle épousa Théodose II en 421. Elle reçut ensuite le titre d’augusta, probablement en 423. Cette promotion lui donna une place officielle dans la représentation du pouvoir impérial, alors que Pulchérie demeurait une figure majeure de la cour et de la politique religieuse constantinopolitaine.

Une impératrice lettrée et protectrice des arts

Eudocie est l’une des impératrices de l’Antiquité tardive dont l’activité littéraire est la mieux attestée. Formée à la rhétorique et à la philosophie grecques, elle composa notamment des œuvres chrétiennes en vers. On lui attribue une paraphrase poétique de passages bibliques, ainsi qu’un poème consacré au martyre de saint Cyprien. Ces textes témoignent de la volonté de concilier la culture classique grecque avec la foi chrétienne.

Elle soutint également des fondations religieuses et des entreprises monumentales. Son action est particulièrement associée à Jérusalem, où elle séjourna après un pèlerinage en Terre sainte accompli à la fin des années 430. Elle y développa un important patronage, notamment par la construction ou l’embellissement d’édifices religieux et par le soutien accordé aux communautés chrétiennes.

Rivalités à la cour et exil

Les rapports d’Eudocie avec Pulchérie se détériorèrent progressivement. Les tensions de cour furent aggravées par l’influence croissante de l’impératrice et par ses relations avec certains hauts responsables, parmi lesquels le préfet du prétoire Cyrus de Panopolis et le général Paulin. Les circonstances exactes de sa disgrâce restent difficiles à établir, car les récits postérieurs mêlent faits politiques, accusations personnelles et éléments légendaires.

Vers 443, Eudocie quitta Constantinople et s’établit à Jérusalem. Elle y conserva un entourage et une influence importants, tout en menant une existence davantage tournée vers la religion et la culture. Elle mourut vers 460. Sa figure demeure celle d’une impératrice grecque cultivée, médiatrice entre héritage classique, christianisme impérial et politique de cour.

Auteur/autrice

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