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Ferdinand Ier, roi de Naples (1423-1494)

Origines et accession

Ferdinand Ier, également appelé Ferrante, est le fils illégitime d’Alphonse V d’Aragon et de Giraldona Carlino. Né en 1423, il appartient à la dynastie aragonaise implantée dans le royaume de Naples. Son père, qui conquiert Naples en 1442, le désigne comme héritier de la couronne napolitaine, tandis que la succession aragonaise revient à Jean II d’Aragon.

À la mort d’Alphonse V, en 1458, Ferdinand lui succède à Naples. Son avènement est contesté par le pape Calixte III, qui soutient les prétentions de la maison d’Anjou, puis par Jean d’Anjou, duc de Lorraine. La guerre de succession qui s’ensuit est finalement remportée par Ferdinand, notamment après la bataille de Sarno en 1460 et l’intervention décisive de ses alliés italiens. Le royaume demeure toutefois marqué par les résistances de la noblesse et par la fragilité de la légitimité dynastique.

Un règne entre conflits et négociations

Ferdinand cherche à renforcer l’autorité monarchique, à accroître les ressources de la couronne et à limiter l’autonomie des grands barons. Cette politique provoque une première révolte nobiliaire, dite guerre des Barons, entre 1459 et 1465. Soutenu par des forces extérieures et par plusieurs princes italiens, le roi parvient à rétablir son pouvoir.

Son règne s’inscrit dans l’équilibre politique complexe de l’Italie de la Renaissance. Ferdinand entretient des relations étroites avec les Sforza de Milan et avec les Médicis de Florence, tout en négociant avec la papauté et les puissances méditerranéennes. Il doit également faire face à la menace ottomane. Après la prise d’Otrante par les Ottomans en 1480, la reconquête de la ville, l’année suivante, contribue à renforcer le prestige de la monarchie napolitaine.

Une nouvelle révolte des barons éclate en 1485. La répression de cette conjuration, achevée en 1487, est sévère et accroît durablement la méfiance d’une partie de l’aristocratie envers le souverain. Ferdinand gouverne alors de manière plus centralisée, en s’appuyant sur une administration de cour et sur des conseillers spécialisés.

Cour, famille et héritage

La cour de Ferdinand participe à la vie culturelle et humaniste napolitaine. Le roi protège les lettres, les arts et les institutions savantes, dans un contexte où Naples devient l’un des centres importants de la Renaissance italienne. Sa politique familiale repose sur des alliances avec plusieurs maisons princières européennes et italiennes. Son fils aîné, Alphonse, lui succède en 1494 sous le nom d’Alphonse II.

Ferdinand meurt en 1494, au moment où l’expédition de Charles VIII de France ouvre les guerres d’Italie. Son règne, long de près de trente-six ans, a consolidé la présence aragonaise dans le royaume de Naples, mais n’a pas supprimé les tensions entre la monarchie, la noblesse et les puissances étrangères.

Auteur/autrice

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