Guillaume d’Ockham (1285?-1347)
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Guillaume d’Ockham (v. 1285-1347)
Identité et formation
Guillaume d’Ockham, également appelé Guillaume d’Ockam ou William of Ockham, est un frère franciscain, philosophe et théologien anglais. Son surnom renvoie probablement à Ockham, dans le Surrey. Sa date de naissance n’est pas connue avec certitude et se situe généralement vers 1285-1290. Il entra dans l’ordre franciscain et reçut sa formation à l’université d’Oxford, où il commenta les Sentences de Pierre Lombard, exercice fondamental de l’enseignement théologique médiéval.
Théologie et philosophie
Ockham est l’une des figures majeures de la pensée scolastique du XIVe siècle. Il s’attache à distinguer strictement ce qui peut être démontré par la raison, ce qui relève de l’expérience et ce qui dépend de la révélation. Sa philosophie insiste sur le rôle de l’intuition, sur la connaissance des choses singulières et sur la limitation des prétentions de la métaphysique.
Il est souvent associé au nominalisme, même si cette étiquette doit être employée avec prudence. Pour Ockham, les universaux ne subsistent pas comme des réalités séparées des individus : ils sont principalement des concepts de l’esprit et des termes du langage. Sa méthode cherche à éviter de multiplier les entités sans nécessité. Le principe couramment appelé « rasoir d’Ockham » résume cette exigence de simplicité, mais la formule elle-même ne constitue pas un énoncé littéral de sa doctrine.
Conflit avec la papauté
Les positions d’Ockham sur la pauvreté franciscaine l’opposèrent à la papauté. La controverse portait notamment sur la possibilité, pour le Christ et les apôtres, d’avoir vécu sans propriété individuelle ni propriété collective. Convoqué à Avignon pour examiner certaines de ses thèses, Ockham y demeura plusieurs années sous surveillance. En 1328, il quitta la cour pontificale avec Michel de Césène, ministre général de l’ordre franciscain, et se réfugia auprès de l’empereur Louis de Bavière.
Installé dans l’entourage impérial, probablement à Munich, il consacra une partie importante de son œuvre à la défense de l’autonomie du pouvoir temporel et à la critique des prétentions pontificales. Ses écrits politiques portent sur l’autorité du pape, celle du concile, les droits de l’empereur et la pauvreté évangélique. Il mourut au milieu du XIVe siècle, vraisemblablement en 1347, dans un contexte marqué par les conflits entre l’Empire et la papauté.

Auteur/autrice
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