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Henricus Institoris

Identité et parcours

Henricus Institoris, également connu sous les noms de Heinrich Kramer, Heinrich Krämer ou Henri Institoris, est un religieux dominicain et inquisiteur germanique, né vers 1430 et mort probablement en 1505. La forme latinisée « Institoris » dérive du terme latin désignant un marchand ou un colporteur, correspondant au nom allemand Krämer. Certaines notices donnent toutefois une date de décès en 1508.

Entré dans l’ordre des Prêcheurs, il exerça des fonctions liées à la prédication, à la lutte contre les hérésies et à la procédure inquisitoriale dans les territoires germanophones de l’Empire. Son activité s’inscrit dans le contexte de la répression accrue de la sorcellerie à la fin du Moyen Âge, alors que les autorités ecclésiastiques et civiles cherchaient à définir plus précisément les pratiques réputées démoniaques et les moyens de les poursuivre.

Lutte contre la sorcellerie

Institoris est surtout connu pour les enquêtes qu’il mena dans les régions du Rhin supérieur et dans les espaces alpins. Son action rencontra parfois l’opposition de pouvoirs locaux et de responsables ecclésiastiques, qui contestaient ses méthodes ou la validité de ses procédures. L’épisode d’Innsbruck, en 1485, illustre ces résistances : son enquête sur des pratiques de sorcellerie ne reçut pas l’adhésion attendue des autorités diocésaines.

Dans ses démarches, Institoris s’appuya sur la bulle Summis desiderantes affectibus, publiée par le pape Innocent VIII en 1484. Ce document reconnaissait l’existence de pratiques démoniaques dans certaines régions d’Allemagne et autorisait les inquisiteurs à poursuivre leur enquête. La portée exacte de cette bulle a souvent été amplifiée dans les interprétations postérieures : elle ne constituait pas à elle seule une autorisation générale de toutes les procédures de chasse aux sorcières.

Le Malleus maleficarum

Institoris est généralement considéré comme l’auteur principal du Malleus maleficarum, traité latin consacré à la sorcellerie, composé avec la collaboration attribuée à Jacques Sprenger et imprimé pour la première fois à la fin des années 1480. L’ouvrage expose une démonologie systématique, décrit les formes supposées du pacte avec le diable et propose des règles d’enquête et de jugement.

Le traité connut une diffusion importante à l’époque moderne, mais son influence immédiate à la fin du XVe siècle ne doit pas être exagérée. Il constitue néanmoins un témoignage majeur de la construction intellectuelle et judiciaire de la sorcellerie dans l’Occident latin.

Auteur/autrice

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