Jean XXIII (antipape, 1370-1419)
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Jean XXIII (antipape, vers 1370-1419)
Identité et contexte
Jean XXIII est le nom pontifical de Baldassarre Cossa, dignitaire ecclésiastique italien devenu l’un des protagonistes du Grand Schisme d’Occident. Dans la tradition catholique postérieure, il est généralement qualifié d’antipape, afin de le distinguer du pape reconnu rétrospectivement comme légitime. Son parcours s’inscrit dans la rivalité entre les obédiences de Rome et d’Avignon, puis dans la tentative de résoudre la division par l’élection d’un troisième pontife à Pise.
Carrière ecclésiastique et élection
Issu du royaume de Naples, Baldassarre Cossa appartient à une famille de la noblesse napolitaine. Il entre dans la carrière ecclésiastique et devient cardinal. Dans le contexte du schisme, il joue un rôle politique et diplomatique important au service de l’obédience pisane. Après le décès d’Alexandre V, élu au concile de Pise, Cossa est élu pape à Bologne en 1410 et prend le nom de Jean XXIII.
Son élection ne met pas fin au schisme : elle ajoute une troisième obédience aux deux déjà rivales, celles de Rome et d’Avignon. Jean XXIII bénéficie néanmoins du soutien d’une partie importante des pouvoirs et des prélats occidentaux. Son autorité demeure cependant contestée, et son pontificat est marqué par les tensions entre les intérêts politiques italiens, les monarchies européennes et les projets de réforme de l’Église.
Le concile de Constance
Pour rétablir l’unité, le concile de Constance s’ouvre en 1414 sous l’impulsion de l’empereur Sigismond. Jean XXIII s’y rend, mais comprend rapidement que l’assemblée ne lui garantit pas le maintien de sa position. Il quitte Constance en 1415, espérant provoquer la dispersion ou l’échec du concile. Cette fuite renforce au contraire la détermination des conciliaires.
Le concile le dépose en 1415, en lui reprochant notamment son rôle dans la prolongation du schisme et un ensemble de fautes attribuées à sa conduite. Capturé après sa fuite, il est détenu pendant plusieurs années. Il finit par reconnaître l’autorité du pape Martin V, élu à Constance en 1417, ce qui contribue au rétablissement de l’unité pontificale.
Dernières années et mémoire
Libéré après sa soumission, Jean XXIII se retire en Italie. Il meurt à Florence en 1419. Sa mémoire reste liée à l’un des épisodes les plus complexes de l’histoire pontificale médiévale : son nom, longtemps associé à la catégorie d’antipape, ne doit pas être confondu avec celui du pape Jean XXIII du XXe siècle.

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