×
  • 458 words

Joachim de Flore

Identité et parcours

Joachim de Flore, également appelé Joachim de Fiore ou Joachim Florensis, est un religieux et théologien italien de la fin du XIIe siècle. Sa naissance est généralement située vers 1130-1135 et sa mort en 1202. Les éléments de sa biographie ne sont pas tous établis avec la même certitude. Il entra dans la vie religieuse et fut associé à l’ordre cistercien. Il devint abbé de Corazzo, en Calabre, avant de se retirer avec des compagnons dans la Sila.

Dans cette région, il fonda l’abbaye de San Giovanni in Fiore, qui devint le centre d’une communauté religieuse désignée sous son nom. Joachim y poursuivit une activité d’écriture et d’interprétation des Écritures jusqu’à sa mort. Son œuvre fut connue au Moyen Âge sous le nom de Joachim de Flore, d’après le monastère florensis.

Doctrine de l’histoire du salut

La pensée de Joachim repose sur une lecture de l’histoire comme déploiement progressif du dessein divin. Il distingue trois grands temps correspondant aux personnes de la Trinité : le temps du Père, associé à l’Ancien Testament ; le temps du Fils, lié au christianisme historique ; et un temps à venir, caractérisé par une compréhension plus spirituelle de la foi et par une transformation de la vie religieuse.

Joachim ne présente pas simplement cette succession comme une chronologie politique ou institutionnelle. Il cherche à discerner, dans les figures et les événements bibliques, les signes d’une évolution intérieure de l’humanité. Ses méthodes exégétiques, fondées notamment sur les correspondances entre les textes de l’Ancien et du Nouveau Testament, produisirent des schémas complexes et des interprétations de l’histoire qui furent largement commentés après lui.

Réception et postérité

La diffusion de ses écrits et des interprétations qui lui furent attribuées contribua à faire de Joachim une figure majeure de la pensée prophétique médiévale. Certains lecteurs virent dans ses œuvres l’annonce d’un renouvellement prochain de l’Église et de la vie spirituelle. Des écrits postérieurs, parfois composés par d’autres auteurs, furent cependant diffusés sous son nom ; il convient donc de distinguer ses œuvres authentiques des textes dits « pseudo-joachimites ».

Le quatrième concile du Latran, en 1215, condamna certaines propositions théologiques liées à un écrit de Joachim dirigé contre Pierre Lombard, tout en ne le condamnant pas personnellement comme hérétique. Sa pensée continua néanmoins d’influencer des débats sur l’histoire chrétienne, la prophétie et la réforme religieuse, bien au-delà de la communauté fondée en Calabre.

Auteur/autrice

root@sd-146999.dedibox.fr