Johannes Geiler von Kaysersberg (1445-1510)
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Johannes Geiler von Kaysersberg (1445-1510)
Identité et formation
Johannes Geiler von Kaysersberg, également appelé Jean Geiler de Kaysersberg, est un prédicateur et théologien germanophone de la fin du Moyen Âge. Né en 1445 à Schaffhouse, il grandit en Alsace, notamment à Ammerschwihr, lieu auquel il doit son surnom de « Kaysersberg ». Il fait ses études à l’université de Fribourg-en-Brisgau, où il acquiert une solide formation en arts libéraux et en théologie. Ordonné prêtre, il se consacre à l’enseignement et surtout à la prédication.
Prédicateur à Strasbourg
Après avoir enseigné à Fribourg-en-Brisgau et séjourné dans d’autres centres universitaires du Rhin supérieur, Geiler est appelé à Strasbourg. À partir de 1478, il prêche régulièrement à la cathédrale, où il devient l’une des figures religieuses les plus en vue de la ville. Sa renommée repose sur une parole directe, imagée et souvent satirique, destinée à un vaste public urbain. Il dénonce les abus du clergé, les vices sociaux, la corruption des mœurs et les comportements qu’il juge incompatibles avec la vie chrétienne.
Geiler n’est pas un réformateur au sens confessionnel du XVIe siècle : sa critique s’inscrit dans le cadre de la prédication morale et de la réforme de l’Église observées à la fin du Moyen Âge. Il défend une pratique religieuse plus exigeante, fondée sur la conversion personnelle, la discipline des conduites et l’instruction des fidèles.
Œuvre et postérité
La plupart de ses sermons furent prononcés en allemand et ne nous sont pas parvenus sous la forme de manuscrits rédigés directement par lui. Ils furent souvent notés, remaniés ou publiés par des auditeurs et des collaborateurs. Cette transmission explique la diversité des titres et des versions qui lui sont attribués, en latin comme en allemand.
Geiler entretint des relations avec plusieurs milieux humanistes du Rhin supérieur. Il est notamment associé à l’entourage de l’imprimeur et écrivain strasbourgeois Sebastian Brant, dont le Nef des fous fournit un cadre satirique proche de certaines préoccupations du prédicateur. Les recueils de sermons de Geiler constituent un témoignage précieux sur la culture religieuse, les comportements urbains et les tensions sociales dans les villes rhénanes à la veille de la Réforme.
Il meurt à Strasbourg en 1510. Sa réputation de grand prédicateur perdure au-delà de sa mort, aussi bien dans les milieux catholiques que dans l’historiographie de la culture germanophone médiévale.

Auteur/autrice
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