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Béjaïa

Identification et localisation

Béjaïa est une ville portuaire de la côte méditerranéenne de l’actuelle Algérie, située dans la région de Kabylie, au fond d’une baie bordée par les reliefs du nord-est du Maghreb. Dans les sources médiévales, elle apparaît sous des formes proches de Bidjâya ou Béjaïa. Les formes latines et romanes Bugia et Bougie ont également été employées, notamment dans les traditions documentaires et géographiques européennes. Le toponyme moderne Béjaïa désigne ainsi une implantation dont l’importance urbaine et portuaire est bien attestée au Moyen Âge.

Une capitale hammadide et un port méditerranéen

Béjaïa prit une place majeure à partir de la période hammadide. Le souverain al-Nâsir y établit sa capitale au cours de la seconde moitié du XIe siècle, généralement située vers 1067-1068. La ville se développa alors comme centre politique, administratif et commercial du royaume hammadide, en remplacement de la Qalʿa des Banû Hammâd comme principal siège du pouvoir. Son implantation littorale favorisait les relations avec les autres ports du Maghreb et avec les espaces méditerranéens.

La ville ne doit toutefois pas être réduite à sa fonction de capitale. Son port, son marché et ses activités artisanales en firent un centre d’échanges entre l’intérieur maghrébin, les régions méditerranéennes et les communautés marchandes étrangères. Dans les textes européens, le nom de Bougie est notamment associé à l’importation de cire, mais cette association ne suffit pas à définir l’ensemble de son économie. Béjaïa fut aussi un foyer urbain, religieux et intellectuel important.

Évolutions politiques au Moyen Âge

La conquête almohade du milieu du XIIe siècle mit fin au pouvoir hammadide sur la ville. Béjaïa demeura néanmoins un centre régional de premier plan sous la domination almohade, puis dans les configurations politiques issues de la fragmentation du Maghreb central et oriental. À partir du XIIIe siècle, elle fut intégrée à l’espace politique hafside, dont l’autorité s’exerçait depuis Tunis sur une partie de l’est du Maghreb. La nature précise de cette intégration et l’intensité du contrôle exercé sur la ville purent varier selon les périodes.

Au terme du Moyen Âge, Béjaïa restait donc une cité portuaire majeure de la Méditerranée maghrébine. Son histoire médiévale est marquée par la succession de fonctions complémentaires : capitale dynastique, place administrative, port de commerce et centre urbain de la Kabylie littorale. Les formes Bidjâya, Bugia et Bougie renvoient à cette même ville médiévale, même si leur emploi dépend des langues et des traditions documentaires.

Auteur/autrice

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