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Les paradoxes des stoïciens

Identification et titres

Les paradoxes des stoïciens est le titre français de l’œuvre latine de Marcus Tullius Cicero, plus connu en français sous le nom de Cicéron, intitulée Paradoxa Stoicorum ou simplement Paradoxa. Elle est également désignée par les formes Paradoxa ad Brutum, « Paradoxes dédiés à Brutus », et Marci Tulli Ciceronis Paradoxa. Le titre renvoie à des propositions stoïciennes réputées paradoxales parce qu’elles contredisent les opinions morales communes.

Nature et contenu

L’œuvre est un traité philosophique bref, rédigé en latin, qui expose et développe six thèses attribuées à la doctrine stoïcienne. Cicéron y examine notamment l’idée que seul le bien moral constitue véritablement un bien, que la vertu suffit au bonheur, que les fautes morales sont égales entre elles, que tout insensé est en quelque manière privé de raison, que le sage seul est libre et que le sage seul est riche.

Le texte ne constitue pas une présentation systématique de l’ensemble du stoïcisme. Cicéron adapte plutôt ces propositions à la forme de la discussion oratoire et philosophique. Il leur donne une portée polémique en les opposant aux valeurs ordinaires, fondées sur la richesse, le pouvoir, la réputation ou les avantages matériels.

Auteur, dédicataire et datation

L’attribution à Cicéron est solidement établie. L’œuvre est adressée à Marcus Junius Brutus, homme politique et interlocuteur philosophique de Cicéron, ce qui explique la forme Paradoxa ad Brutum attestée dans la tradition des titres. Elle est généralement datée de 46 av. J.-C., dans la période où Cicéron compose plusieurs ouvrages philosophiques en latin, après son retrait relatif de la vie politique romaine.

La langue originale est le latin. Comme d’autres œuvres philosophiques cicéroniennes, le traité participe à l’élaboration d’un vocabulaire latin capable de rendre les notions de la philosophie grecque, en particulier celles de l’éthique stoïcienne.

Transmission et portée médiévale

Œuvre antique, les Paradoxa Stoicorum appartiennent au corpus cicéronien transmis et recopié durant le Moyen Âge. Leur intérêt médiéval tient à la conservation d’un exposé latin de thèmes stoïciens, mais aussi à leur appartenance à l’œuvre morale et rhétorique d’un auteur largement lu dans les milieux lettrés. Les différentes formes de titre attestées dans les catalogues et les traditions éditoriales ne désignent pas nécessairement des œuvres distinctes : elles renvoient ici au même traité cicéronien.

Auteur/autrice

root@sd-146999.dedibox.fr