Secretum secretorum
- 409 words
Secretum secretorum
Identification et nature
Secretum secretorum est un ouvrage pseudo-aristotélicien de caractère encyclopédique et didactique, largement diffusé au Moyen Âge latin. Il se présente comme une longue lettre de conseil adressée par Aristote à Alexandre le Grand. L’attribution à Aristote est médiévale et ne correspond pas à l’état actuel des connaissances sur son origine.
L’œuvre rassemble des recommandations relatives au gouvernement du prince, à l’éthique, à la médecine, à l’astrologie, à la physiognomonie, à la logique et à diverses connaissances naturelles. Cette composition hétérogène, variable selon les versions, explique qu’elle ait pu être lue à la fois comme un miroir des princes, un traité de gouvernement et une compilation de savoirs.
Origine et transmission
Le Secretum secretorum appartient d’abord à la tradition arabe médiévale, où il est connu sous le titre de Sirr al-asrār (« Secret des secrets »). Son élaboration n’est pas attribuable avec certitude à un auteur unique et sa datation demeure discutée. Le texte arabe s’inscrit dans le mouvement de transmission et de réélaboration des savoirs grecs, persans et indiens en langue arabe, mais il ne constitue pas une œuvre authentique d’Aristote.
La diffusion en Occident latin repose principalement sur des traductions effectuées au XIIe siècle. Une première traduction, souvent associée à Jean de Séville, ne couvre qu’une partie de l’ouvrage ; une version plus complète est généralement attribuée à Philippe de Tripoli. Ces attributions sont solidement établies dans l’histoire de la transmission latine, même si le texte a connu des remaniements, des additions et des divisions différentes selon les témoins.
Réception médiévale
Dans le monde latin, le titre Secretum secretorum renvoie donc moins à un texte parfaitement fixe qu’à une tradition textuelle comprenant plusieurs formes et états de l’œuvre. Son association avec Aristote et Alexandre lui conféra une forte autorité dans les milieux scolaires, curiaux et administratifs. Le traité fut notamment consulté comme un guide de conduite princière, tout en servant de répertoire de notions médicales, astrologiques et naturelles.
La langue de la tradition occidentale la plus influente est le latin, à partir duquel l’œuvre fut ensuite adaptée ou traduite dans plusieurs langues vernaculaires. L’ampleur exacte de cette diffusion, ainsi que les rapports entre les différentes versions, doivent toutefois être établis à partir des manuscrits et des éditions de chaque tradition.

Auteur/autrice
root@sd-146999.dedibox.fr
