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L’utilité de croire

Identification et titres

L’utilité de croire est un traité latin d’Augustin d’Hippone, généralement désigné sous les titres De utilitate credendi ou De utilitate credendi ad Honoratum. Le titre français correspond à la traduction de la première de ces formes ; la variante longue souligne que l’ouvrage est adressé à Honoratus. Le titre anglais On the advantage of believing relève d’une traduction moderne et ne désigne pas une œuvre différente.

Nature et contexte

L’ouvrage appartient aux écrits anti-manichéens d’Augustin. Il examine la place de la croyance dans la recherche de la vérité et répond à la défiance envers l’autorité religieuse, notamment lorsque celle-ci est opposée à l’exercice de la raison. Augustin y soutient que la foi n’est pas l’abandon de toute intelligence : dans de nombreux domaines de l’existence, l’être humain doit d’abord croire le témoignage d’autrui avant de pouvoir comprendre ou vérifier par lui-même. Cette réflexion sert à défendre la foi chrétienne et l’autorité de l’Église contre les positions manichéennes.

L’adresse à Honoratus indique que le traité s’inscrit dans un échange intellectuel et religieux avec un proche associé au manichéisme. L’argumentation vise ainsi à montrer que le refus de croire avant de comprendre n’est ni praticable dans la vie ordinaire ni justifié dans la recherche spirituelle. Le texte participe à la formulation progressive, chez Augustin, d’une articulation entre foi, autorité et compréhension.

Auteur, datation et langue

L’attribution à Augustin est solidement établie. Le traité est rédigé en latin et appartient à la première période de son activité d’écrivain chrétien en Afrique du Nord, après sa rupture avec le manichéisme. Il est habituellement daté autour de 391, avec une marge d’incertitude selon les reconstructions de la chronologie augustinienne. Cette datation le place parmi les œuvres où Augustin développe encore directement son argumentation contre les doctrines manichéennes.

Portée

L’utilité de croire constitue un témoignage important sur la manière dont Augustin conçoit l’accès chrétien à la vérité : la connaissance n’exclut pas la foi, mais celle-ci peut en former le point de départ légitime. L’ouvrage contribue ainsi à l’histoire médiévale des rapports entre croyance, autorité et raison, même si sa rédaction est antérieure au Moyen Âge proprement dit.

Auteur/autrice

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