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De docta ignorantia

Identification et titres

De docta ignorantia (« De la docte ignorance ») est un traité philosophique et théologique de Nicolas de Cues (Nicolaus de Cusa, 1401-1464), également désigné sous les formes De la docte ignorance, Die belehrte Unwissenheit ou La dotta ignoranza. Le titre latin signifie que la véritable connaissance commence par la reconnaissance des limites de l’intelligence humaine devant l’infini et le divin.

Nature et composition

Rédigée en latin en 1440, l’œuvre se compose de trois livres. Le premier examine la connaissance de Dieu et l’écart insurmontable entre la raison humaine et l’infini absolu. Le deuxième porte principalement sur la création et sur l’univers, tandis que le troisième est consacré au Christ, considéré comme l’union du fini et de l’infini.

La démarche de Nicolas de Cues repose notamment sur la notion de coincidentia oppositorum, ou coïncidence des opposés. Des déterminations qui paraissent contradictoires dans le monde fini peuvent être pensées ensemble lorsqu’il s’agit de Dieu, dont l’infinité dépasse les catégories ordinaires de la pensée. Cette approche ne constitue pas un renoncement au savoir, mais une méthode de connaissance fondée sur la conscience critique de ses propres limites.

Contexte et portée

L’ouvrage appartient au contexte intellectuel et religieux de la fin du Moyen Âge, marqué par le dialogue entre théologie chrétienne, philosophie néoplatonicienne, logique et réflexion mathématique. Nicolas de Cues y propose une conception dynamique de la recherche de la vérité : l’esprit humain progresse vers Dieu sans pouvoir l’embrasser adéquatement. Les images géométriques et les raisonnements sur l’infini servent à montrer les difficultés propres à toute connaissance de l’absolu.

De docta ignorantia est l’une des œuvres majeures de Nicolas de Cues et un texte important de la pensée médiévale tardive. Sa réflexion sur la connaissance, l’infini et les rapports entre raison et foi a contribué à faire de son auteur une figure de transition entre la scolastique médiévale et certains courants philosophiques de la Renaissance. La tradition a également conservé des titres et des formes de désignation dans plusieurs langues modernes, sans que ces variantes constituent des œuvres distinctes.

Auteur/autrice

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