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Grandes chroniques de France

Identification et nature de l’œuvre

Les Grandes chroniques de France sont une vaste compilation historiographique consacrée à l’histoire des rois de France. Elles constituent moins une œuvre composée d’un seul tenant qu’un corpus chronistique progressivement constitué, remanié et continué au cours du Moyen Âge. Leur rédaction et leur conservation sont traditionnellement associées à l’abbaye de Saint-Denis, qui occupa une place majeure dans l’élaboration de la mémoire historique et dynastique de la monarchie française.

L’œuvre est également désignée sous les formes Chroniques de France, Chroniques de Saint-Denis, Chroniques de St. Denys, Croniques de France, Grandes chroniques et Grandes chroniques de Saint-Denis. Ces variantes peuvent toutefois recouvrir, selon les témoins et les usages, des états textuels ou des ensembles partiellement différents.

Composition et contexte médiéval

Les Grandes chroniques de France relèvent de l’historiographie royale en langue française. Leur constitution commence au XIIIe siècle dans le contexte du développement de la légitimité capétienne et de la mise en récit du passé monarchique. Elles reprennent, traduisent, abrègent ou développent des matériaux historiographiques antérieurs, notamment issus de la tradition historiographique de Saint-Denis. Leur construction s’étend ensuite sur plusieurs générations, au gré des règnes et des continuations.

La matière chroniquée couvre l’histoire des rois de France depuis les origines légendaires et les premiers temps de la monarchie jusqu’à la période capétienne et valoise. L’ensemble associe récit dynastique, narration des guerres, description des successions royales et interprétation providentialiste de l’histoire du royaume. La présentation du passé sert ainsi à la fois l’information historique, la mémoire institutionnelle et l’affirmation de la continuité monarchique.

Attribution, langue et portée

Les Grandes chroniques de France n’ont pas d’auteur unique. Leur attribution doit être comprise comme collective et institutionnelle, en rapport avec les milieux historiographiques de Saint-Denis et avec les continuateurs attachés à la chronique royale. La langue principale de l’œuvre est le français, même si sa formation repose sur l’utilisation de traditions et de textes historiographiques antérieurs, dont certains étaient en latin.

La datation ne peut pas être réduite à une année unique : il s’agit d’une œuvre évolutive, formée et prolongée du XIIIe au XVe siècle. Sa transmission a contribué à fixer une représentation officielle ou semi-officielle de l’histoire de France et à diffuser cette mémoire au-delà du milieu monastique. Elle figure parmi les réalisations les plus importantes de l’historiographie vernaculaire médiévale française.

Auteur/autrice

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