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Collectio decretalium

Identification et titres

La Collectio decretalium est une collection canonique médiévale connue surtout sous les appellations de Collectio Pseudo-Isidoriana, Decretales pseudo-Isidorianae et « décrétales pseudo-isidoriennes ». Elle est également désignée par les formes Decretalium collectio, Collectio canonum, Fausses décrétales, False decretals et Decretali Pseudo-Isidoriane.

Le nom d’Isidorus Mercator, parfois développé en « Isidore Mercator », apparaît dans la tradition comme celui de l’auteur ou du compilateur. Cette attribution est toutefois pseudépigraphique : l’œuvre n’est pas considérée comme une composition authentique d’Isidore de Séville. Le terme « pseudo-isidorien » sert donc à identifier la collection et sa tradition, sans fournir le nom certain de son ou de ses rédacteurs.

Nature et composition

Il s’agit d’une compilation de droit canonique en langue latine, réunissant des textes normatifs et épistolaires attribués à des autorités ecclésiastiques anciennes, notamment des décrétales pontificales. La collection associe des matériaux authentiques à des textes remaniés ou forgés. Les pièces attribuées aux premiers évêques de Rome occupent une place importante dans cette construction documentaire, qui cherche à donner à ses prescriptions l’autorité d’une haute antiquité.

La dénomination de « fausses décrétales » renvoie principalement à la présence de documents apocryphes, et non à l’inexistence de toute la collection ou à l’absence de matériaux authentiques. L’œuvre doit ainsi être étudiée comme un ensemble complexe de compilation, d’adaptation et de fabrication documentaire.

Contexte médiéval et portée

La collection est généralement située dans le contexte de l’Église franque du IXe siècle, sans qu’un lieu de composition ni un rédacteur individuel puissent être retenus avec certitude à partir des seules données disponibles. Son élaboration est communément rapprochée des débats carolingiens sur la juridiction des évêques, la protection du clergé et les rapports entre autorités épiscopale, métropolitaine, royale et pontificale.

Les décrétales pseudo-isidoriennes ont exercé une influence durable sur la culture juridique ecclésiastique latine. Elles ont contribué à transmettre et à légitimer des normes relatives à la procédure, aux appels à Rome et à la défense des clercs contre certaines formes d’intervention séculière ou épiscopale. Leur réception médiévale fut importante, même si leur caractère apocryphe ne fut établi qu’à l’époque moderne. La datation précise, l’organisation primitive de la collection et l’identité de ses compilateurs demeurent des questions de recherche.

Auteur/autrice

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