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Maison d’Adhémar

La maison d’Adhémar est une ancienne famille seigneuriale du Dauphiné, connue avec certitude à partir du XIe siècle. Elle établit progressivement sa puissance autour de la seigneurie de Monteil, dont le nom évolua ensuite en Monteil-Adhémar, puis en Montélimar. Au Moyen Âge, les Adhémar comptèrent parmi les lignages les plus influents de la moyenne vallée du Rhône et de la Valdaine.

Les généalogies anciennes ont voulu rattacher la famille à des personnages plus anciens, notamment à une prétendue lignée de comtes d’Orange. Ces constructions sont toutefois controversées et ne reposent pas sur une filiation suffisamment établie. L’origine géographique des premiers Adhémar demeure incertaine ; une provenance du Royans a été proposée, sans pouvoir être tenue pour démontrée.

Formation de la puissance seigneuriale

À partir du XIe siècle, les Adhémar contrôlent la seigneurie de Monteil et développent un réseau de positions fortifiées dans le Dauphiné méridional. Leur implantation s’étend notamment à Grignan, La Garde, Rochemaure, Savasse, Allan, Châteauneuf et Rochemaure. Ces places leur permettent de surveiller les itinéraires reliant la vallée du Rhône, la Valdaine et les territoires provençaux.

Le château établi sur la hauteur dominant l’ancien site d’Acunum constitue l’un des premiers centres de leur autorité. Il est ensuite remplacé ou complété par un palais seigneurial installé sur le plateau de Narbonne. Le développement de Monteil explique l’importance prise par cette résidence dans l’organisation du lignage et dans la formation du nom de Montélimar.

En 1164, les Adhémar obtiennent de l’empereur Frédéric Barberousse la confirmation de leurs privilèges et de leurs possessions. Cette reconnaissance renforce leur position face aux autres dynasties régionales, notamment aux comtes de Poitiers-Valentinois. Vers 1198, la seigneurie de Monteil est détenue en indivision par plusieurs membres du lignage, issus des branches de Grignan, de La Garde et de Rochemaure. À son apogée, l’ensemble féodal associé aux Adhémar aurait compris plusieurs dizaines de châteaux et de terres dépendantes.

Branches et organisation du lignage

La maison se divisa en trois ensembles principaux. La branche aînée fut celle des seigneurs, puis barons de Grignan. Elle conserva la prééminence familiale et détenait une part essentielle de l’héritage de Monteil. La branche de La Garde forma une importante lignée cadette, tandis que celle de Rochemaure se développa à partir de cette dernière.

La documentation permet de suivre une succession de seigneurs de Grignan depuis le XIe siècle, même si certains raccords généalogiques demeurent discutés. Les Adhémar de La Garde sont attestés dès le début du XIIe siècle. Leur lignée s’éteignit au XVIe siècle, après la mort d’Antoine Adhémar, qui ne laissa pas d’héritier susceptible de maintenir directement la branche. Les seigneurs de Rochemaure connurent deux séries successives, séparées par une transmission familiale, et disparurent à leur tour au Moyen Âge tardif.

Les partages et successions entre ces branches montrent que la seigneurie de Monteil n’était pas toujours détenue par un seul seigneur. Les alliances matrimoniales, les héritages et les substitutions permirent néanmoins de maintenir une forte cohésion du patrimoine familial dans la région.

Religion, croisade et service ecclésiastique

La maison donna plusieurs prélats et religieux. Le personnage le plus célèbre est Adhémar de Monteil, évêque du Puy, légat pontifical lors de la première croisade. Il prêcha l’expédition aux côtés du pape Urbain II et participa à la croisade jusqu’à sa mort à Antioche en 1098. Il est parfois présenté comme l’auteur du Salve Regina, mais cette attribution demeure incertaine.

D’autres membres du lignage occupèrent des sièges épiscopaux dans les diocèses voisins. Aimar Adhémar fut évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux au XIIe siècle ; au XIVe siècle, des représentants des branches de La Garde et de Rochemaure devinrent évêques de Metz, d’Orange ou de Saint-Paul-Trois-Châteaux. Cette présence ecclésiastique contribua au prestige régional de la famille.

En 1212, Giraud Adhémar de Grignan et Lambert Adhémar de La Garde furent excommuniés par Innocent III pour avoir notamment pactisé avec Raymond VI de Toulouse pendant la croisade contre les Albigeois. Cet épisode illustre les tensions entre les intérêts politiques du lignage et les exigences de la papauté.

Fin de la maison aînée

La branche de Grignan se maintint jusqu’au XVIe siècle. Louis Adhémar de Monteil, dernier représentant mâle de la maison aînée, obtint en 1558 l’érection de la baronnie de Grignan en comté, avec l’adjonction de plusieurs terres voisines. Sa mort sans héritier mâle, en 1559, marqua l’extinction de la maison d’Adhémar dans sa lignée masculine.

La succession passa ensuite par sa sœur Blanche et son fils Gaspard de Castellane, qui releva le nom et les droits attachés aux Adhémar de Monteil. Cette transmission explique la continuité du titre de Grignan, mais elle appartient déjà à une maison issue d’une alliance avec le lignage de Castellane et ne doit pas être confondue avec la maison d’Adhémar médiévale.

Auteur/autrice

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