Famille d’Abancourt
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Famille d’Abancourt
Origines et implantation en Picardie
La famille d’Abancourt est une ancienne famille de la noblesse française, aujourd’hui éteinte, dont l’origine connue remonte au XIVe siècle. Elle appartient à la noblesse du Beauvaisis et fut implantée dans le nord-ouest de l’actuel département de l’Oise, à proximité de la Normandie. Son principal ancrage se trouvait toutefois à Abancourt, aujourd’hui rattaché à Saumont-la-Poterie, en Seine-Maritime, plutôt qu’à l’actuelle commune d’Abancourt.
Les possessions attribuées à la famille comprenaient notamment les seigneuries d’Abancourt, de Fricourt, de La Bellière, de Courcelles-lès-Campeaux, de Courcelles-Rançon, de Puiseux-en-Bray et d’Héloy. Cet ensemble de terres, réparti entre le pays de Bray, le Beauvaisis et les confins normands, témoigne d’une implantation seigneuriale relativement dispersée. Les sources font également état d’un fief situé à Saint-Michel-d’Halescourt.
Les premiers seigneurs connus
Jean d’Abancourt, seigneur d’Abancourt et de Fricourt, est le premier membre clairement attesté de la lignée. Fricourt lui appartenait au moins avant 1312, lorsqu’il s’agissait d’un plein fief de haubert. Il avait auparavant transmis cette seigneurie à son fils Mathieu. Jean est parfois présenté comme ayant exercé une fonction auprès de Philippe le Bel en 1288, mais cette identification demeure moins assurée que les actes seigneuriaux qui le concernent.
Mathieu d’Abancourt, fils de Jean, résidait à Abancourt et possédait les seigneuries d’Abancourt et de Fricourt. En 1317, il transigea avec le roi Philippe le Bel au sujet de ses droits. Son fils Jean, seigneur de Courcelles-lès-Campeaux, est attesté avant 1377 et encore après 1410. Il pourrait être identique au Jean d’Abancourt qui participa aux guerres de Flandre en 1339, mais cette correspondance n’est pas entièrement établie.
Un autre Guillaume d’Abancourt, contemporain de Jean, résidait à Abancourt en 1324 et possédait alors La Bellière, Hérigny, Pommereux et Longmesnil. La coexistence de plusieurs hommes portant le même prénom et le même nom impose de distinguer avec prudence les différentes lignes familiales.
La lignée de Courcelles et les guerres du royaume
Au début du XVe siècle, un Jean d’Abancourt est seigneur de Courcelles-lès-Campeaux. Adrien d’Abancourt, chevalier et seigneur d’Abancourt et de Courcelles, est mort après 1425. Il prit part aux guerres opposant les royaumes de France et d’Angleterre, à la tête de vingt hommes d’armes. Les circonstances de cette participation s’inscrivent dans une période où les fidélités pouvaient être mouvantes entre les partis français et anglo-bourguignons.
Adrien transmit Courcelles à son fils Guillaume avant 1451. Celui-ci, écuyer et seigneur d’Abancourt, fit cette année-là aveu et dénombrement de la seigneurie. Il la vendit en 1453 à Nicolas Le Bastier, bourgeois de Paris, avec une clause de rachat, puis la racheta en 1455. Guillaume épousa Raouline de Caux en 1467 et mourut entre 1483 et 1485. Parmi ses fils figurait Adrien, qui lui succéda dans la branche principale, ainsi qu’un fils naturel, Jean, connu de son vivant sous le nom de « bâtard d’Abancourt ».
Branches et continuité familiale
Adrien d’Abancourt, mort avant 1503, possédait Abancourt, Fricourt, Courcelles-lès-Campeaux et La Bellière. Son mariage avec Catherine Eudes, conclu vers 1490, donna naissance à une descendance nombreuse. La branche aînée conserva plusieurs terres au XVIe et au XVIIe siècle. François d’Abancourt, puis Jean d’Abancourt, furent notamment seigneurs de Courcelles et de Fricourt. Des divisions successorales firent ensuite apparaître les seigneuries de Blanquart, de Puiseux et du But-David.
François III d’Abancourt fut maintenu dans sa noblesse le 14 octobre 1662 avec ses cousins Claude et Louis d’Abancourt, par un arrêt du Conseil d’État du roi. Son fils Jean-Baptiste était seigneur de Puiseux et de Courcelles. Deux filles de François III, Françoise et Anne, furent reçues en 1686 à la Maison royale de Saint-Louis de Saint-Cyr.
Une branche dite de La Lande descendait de Pierre d’Abancourt, fils puîné de Jean d’Abancourt et de Suzanne Couet. Elle conserva la seigneurie de La Lande et s’étendit à Fransure et à la vicomté de Vadancourt. Louis d’Abancourt fut lieutenant du roi à Saint-Quentin, tandis que son frère Geoffroy fut chanoine de la collégiale royale de cette ville. Claude d’Abancourt exerça quant à lui des fonctions militaires comme aide de camp, gentilhomme-servant et capitaine d’infanterie.
Armes
Les armes attribuées à la famille sont : d’argent à une aigle de gueules, becquée et membrée d’or. Elles sont recensées dans l’armorial général de France. La famille d’Abancourt s’éteignit par la suite, après avoir donné plusieurs branches seigneuriales et militaires entre le Beauvaisis, la Picardie et les confins normands.

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