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Famille d’Abbeville

La famille d’Abbeville est une maison noble de Picardie, implantée principalement dans le Ponthieu entre le XIe et le XVe siècle. Elle tira son nom d’Abbeville, mais ses possessions et ses titres se répartirent également entre Tuncq, Boubers, Domvast, Chépy, Gapennes, la Mothe, Vitz-lès-Willancourt et Bernâtre. La lignée se divisa en plusieurs branches, dont certaines adoptèrent progressivement un nom territorial distinct, notamment celui de Boubers.

Origines et premières attestations

La généalogie traditionnelle fait remonter la maison à Enguerrand d’Abbeville, seigneur de Tuncq, vivant au XIe siècle. Une autre reconstruction la rattache à Hugues d’Abbeville, à la fin de ce même siècle. Le rapprochement avec les comtes de Ponthieu repose surtout sur l’onomastique et sur la proximité géographique. Il a été proposé qu’Enguerrand fût issu de Guy de Ponthieu, lui-même présenté comme un fils du comte Hugues Ier de Ponthieu ; toutefois, les documents connus mentionnant un Guy apparenté aux comtes de Ponthieu ne lui attribuent pas de descendance. Le lien dynastique entre les deux maisons ne peut donc être tenu pour établi.

Les premières attestations documentaires certaines de la famille remontent à 1123. Thibaut d’Abbeville, seigneur de Tuncq, apparaît alors dans une charte de confirmation liée à l’évêché d’Amiens. La lignée se poursuivit par Hugues Ier, Simon Ier, Rorgon et Girard Ier d’Abbeville. Ce dernier, seigneur d’Abbeville et de Tuncq, est cité en 1158 dans l’acte de fondation de l’Hôtel-Dieu d’Abbeville par Jean Ier, comte de Ponthieu.

Division en branches

Gui, ou Guillaume, d’Abbeville, issu de Girard Ier, épousa Ide de Boubers. Leurs fils furent à l’origine des deux principales divisions de la maison. Girard II fonda la branche aînée de Boubers, tandis que Guillaume conserva les seigneuries de Tuncq et de Vitz-lès-Willancourt et fut à l’origine de la branche cadette.

La branche issue de Girard II porta ensuite principalement le nom de Boubers ou de Bouberch, et non plus celui d’Abbeville. Elle conserva toutefois des liens généalogiques et patrimoniaux avec la maison primitive. La branche cadette, dite de Tuncq, employa aussi les formes Boubers-Abbeville et resta attachée à plusieurs seigneuries du Ponthieu et du voisinage.

La branche de Boubers et le rameau de Chépy

La branche aînée de Boubers se développa par Jean, Guillaume, Ringoix et Girard III d’Abbeville. Ce dernier, seigneur de Boubers et de Domvast, prêta serment au roi Charles V en 1367. Son fils Louis lui succéda dans ces seigneuries et épousa Jeanne d’Eudin. Leur fils Edmond, seigneur de Boubers et de Domvast, fut le dernier représentant masculin de cette branche.

À la mort d’Edmond, ses possessions passèrent à ses filles. Jeanne, dame de Boubers, de Domvast et de Caumont, épousa Jean IV de Melun. Une autre Jeanne épousa le sire de Bernieulles, tandis qu’Ide fut unie à Michel, prince de Ligne. Ces mariages assurèrent la transmission d’une partie des biens et des droits de la branche à d’autres lignages aristocratiques.

Le rameau de Chépy descendait de Jean, seigneur de Chépy, puis de Perrotin et de Philippe d’Abbeville. Louis d’Abbeville, seigneur de Chépy, eut deux filles, Jeanne et Marguerite, qui contractèrent des alliances avec les familles de La Motte et de Monchy. Les armes attribuées aux seigneurs de Chépy étaient d’or à trois écussons de gueules, au lambel de cinq pièces d’azur.

La branche de Tuncq et l’extinction de la maison

Guillaume d’Abbeville, seigneur de Tuncq et de Vitz-lès-Willancourt, est présenté comme ayant accompagné Saint Louis lors de la neuvième croisade. Son fils Jean Ier lui succéda ; un autre fils, Bernard, fut évêque d’Amiens de 1258 à 1278 et participa à l’achèvement de la cathédrale. La branche poursuivit son implantation à Tuncq, à la Mothe et à Vitz-lès-Willancourt par Hugues, Guillaume, Hugues dit Gadifer, puis Jean, vicomte de Bernâtre.

Jean épousa en 1360 Mahaut de Reinneval, vicomtesse de Bernâtre. Leur fils Pierre fut à l’origine d’un rameau appelé Boubers-Abbeville-Tuncq. La famille d’Abbeville, entendue comme maison médiévale, s’éteignit progressivement au cours de la transmission de ses biens et de ses noms par héritage féminin. Ses possessions passèrent ainsi à plusieurs lignages de la noblesse picarde et des régions voisines.

Auteur/autrice

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