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Famille Alies

Origine et implantation

La famille Alies est une lignée de magistrats et d’officiers de justice implantée dans le Quercy, principalement à Montauban. Son nom apparaît sous plusieurs formes : Alies, Dalies, d’Alies, Aliez ou Alliez. Ces variantes semblent avoir coexisté selon les actes et les périodes ; il n’est donc pas toujours possible d’attribuer avec certitude un document à une branche plutôt qu’à une autre.

Pour la période médiévale proprement dite, aucun rattachement généalogique assuré ne permet de faire remonter la famille au-delà de la fin du XVe siècle. Une tradition familiale attribue à un ancêtre de Raymond Alies, actif au début du XVIe siècle, la fonction de franc-archer du Quercy vers 1450, tandis que son père aurait été juge. Ces indications demeurent incertaines et ne suffisent pas à établir une filiation continue. La présence des Alies dans la région avant 1492 doit donc être considérée avec prudence.

Raymond Alies et l’ascension montaubanaise

La première figure solidement identifiable est Raymond Alies, né vers 1500, docteur en droit et juge ordinaire du Quercy. Il possédait déjà un hôtel particulier à Montauban en 1519. Son élection comme capitoul en 1539, puis en 1546 et en 1556, marqua l’ascension sociale de la famille. Dans le contexte toulousain et languedocien, la charge de capitoul pouvait conférer la noblesse ; c’est à ce titre que Raymond Alies est généralement présenté comme l’anoblisseur de sa lignée.

Raymond eut notamment deux fils, Bernard et Jean, ainsi qu’une fille, Isabeau, mariée à Pierre de Nupces. Jean Alies, docteur en droit et avocat au parlement de Toulouse, fut capitoul de la Dalbade de 1562 à 1565. Son testament prévoyait la fondation d’un hôpital si sa fille Jeanne mourait sans descendance légitime ; Jeanne épousa toutefois Antoine de Bouloc en 1571.

Magistrats, officiers et alliances

Au XVIe siècle, les Alies consolidèrent leur position par les offices judiciaires et financiers. Bernard Alies, juge ordinaire du Quercy, embrassa la religion réformée vers 1560. Son fils Antoine devint trésorier général de la maison de Bourbon-Navarre et receveur des tailles du Quercy. Les mariages rapprochèrent la famille de plusieurs lignages du Midi, notamment les Caumont, les Bouloc, les Nupces, les Colom, les Garrisson, les Foissac, les du Faur, les Guibert et les Scorbiac.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les Alies portèrent ou administrèrent diverses terres et seigneuries, parmi lesquelles Caussade, Réalville, Martel, La Tour, Bazian et Montbéton. Ces possessions ne forment pas nécessairement un patrimoine détenu simultanément par toute la famille : elles furent acquises, transmises ou revendiquées par des individus et des branches distincts.

Les branches des XVIIe et XVIIIe siècles

Les descendants d’Antoine Alies développèrent une importante activité administrative et financière. Jean Alies, dit de Caussade et de Réalville, fut maître d’hôtel du roi, receveur des tailles et trésorier de France à Montauban. Ses fils occupèrent à leur tour des fonctions d’officiers, de financiers et d’entrepreneurs. Samuel Alies, dit de La Tour, receveur général des finances du Dauphiné et maître de la Chambre aux deniers du roi, participa notamment à l’approvisionnement de la Marine royale en bois, ancres et canons. Son parcours illustre l’importance prise par certains financiers issus de la magistrature méridionale.

La famille compta également plusieurs membres liés aux milieux réformés. La révocation de l’édit de Nantes entraîna des conversions, des départs vers Genève et d’autres réorientations confessionnelles. Au XVIIIe siècle, Jean Alies puis ses fils Paul-Antoine et Paul exercèrent la présidence à la Cour des aides de Montauban. Les alliances avec les Caumont et les Scorbiac renforcèrent leur insertion dans la noblesse régionale.

À Montauban, les demeures associées à la famille témoignent de cette ascension. L’hôtel situé dans l’actuelle rue Léon-Malville, ensuite connu sous le nom d’hôtel de Scorbiac, fut lié aux Alies dès le début du XVIe siècle et resta un centre résidentiel important de la lignée. La famille fit également construire un autre hôtel au XVIIIe siècle, devenu ultérieurement l’hôtel de ville.

Auteur/autrice

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