Famille d’Amphernet
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Famille d’Amphernet
Origines et implantation normande
La famille d’Amphernet est une famille subsistante de la noblesse française, originaire de Normandie. Sa filiation noble suivie et établie remonte à la seconde moitié du XIVe siècle, avec une extraction chevaleresque rattachée à l’année 1367. La maison est principalement implantée dans le pays de Vire et dans plusieurs paroisses de l’ouest de la Normandie, avant qu’une de ses branches ne se fixe durablement en Bretagne à l’époque moderne.
Le nom d’Amphernet a parfois été rapproché d’une ancienne forme liée à un nom scandinave et à la notion de « fief d’Infer ». Cette interprétation patronymique, ainsi que les récits faisant remonter la famille au temps des premiers ducs de Normandie, ne peuvent toutefois être retenus comme des faits établis. De même, l’identification de Guillaume d’Enfernet parmi les compagnons de la conquête normande de l’Angleterre en 1066 et celle de Jourdain d’Enfernet parmi les participants à la troisième croisade relèvent d’une tradition généalogique insuffisamment documentée.
Filiation médiévale et charges royales
Un acte rapporte que Jean d’Amphernet et son épouse, Thomase de Gaalon, fondèrent en 1280, dans l’église Notre-Dame de Vire, la chapelle Saint-Michel. La famille y aurait conservé un droit de sépulture jusqu’à la Révolution. Cette fondation témoigne de son implantation ancienne dans le Virois, mais la filiation officiellement suivie ne commence qu’au siècle suivant.
Au début du XVe siècle, Bertrand d’Amphernet fut nommé, le 27 septembre 1412, chevalier du guet de la ville de Paris. Il devint ensuite chambellan du roi Charles VI, ce qui marque l’accès d’un membre de la maison à des fonctions directement liées au service monarchique. Sous le règne de Charles VII, Guillaume d’Amphernet, seigneur de Tracy, exerça la charge de trésorier des guerres du roi.
La génération suivante conserva des liens avec la maison royale. Jacques d’Amphernet, seigneur de Brecey, est signalé comme gentilhomme de la maison des rois Henri II, François II et Henri III. Jean d’Amphernet, seigneur de Montchauvet, fut pour sa part gentilhomme ordinaire du roi. Ces fonctions, échelonnées du XVe au XVIe siècle, prolongent l’intégration de la famille dans la noblesse de service.
Reconnaissance nobiliaire
La noblesse de la famille fut maintenue par Montfaut en janvier 1463. Cette décision constitue le principal jalon documentaire de sa reconnaissance à la fin du Moyen Âge. Elle confirme la place des d’Amphernet parmi les lignages nobles de Normandie à une époque où les enquêtes de noblesse visaient à distinguer les familles anciennes des familles récemment anoblies.
La maison possédait plusieurs seigneuries normandes, parmi lesquelles Montchauvet, Brecey, Tracy et, dans les générations postérieures, Pontbellanger et Vergoncey. La baronnie de Montchauvet fut érigée en baronnie en 1616, donc après la période médiévale proprement dite. Les titres et qualifications portés par les descendants doivent ainsi être distingués de la preuve plus ancienne de noblesse, qui repose d’abord sur la filiation et les maintenues.
Branches et continuité
La famille se divisa en plusieurs branches. La branche aînée, liée notamment à Montchauvet et à Pontbellanger, donna plusieurs serviteurs de la monarchie et des magistrats des parlements de Normandie et de Bretagne. Elle obtint des reconnaissances nobiliaires aux XVIIe et XVIIIe siècles avant de s’éteindre.
La branche cadette prit une importance particulière en Bretagne. Éléonor-Constant d’Amphernet, né à Mortain en 1747, servit comme capitaine commandant des garde-côtes de Quimper puis de Rosporden. Son mariage célébré à Quimperlé en 1774 avec Noële-Désirée Le Flo contribua à fixer cette branche en Bretagne. La famille y conserva une descendance, représentée notamment au XIXe siècle par Bonaventure-Augustin puis Louis-Charles d’Amphernet.
Ainsi, à la veille des Temps modernes, les d’Amphernet apparaissent comme un lignage normand ancien, dont la filiation prouvée est attestée depuis le XIVe siècle et dont certains membres occupèrent des charges militaires, administratives et curiales. La continuité de la maison s’est finalement maintenue par la branche établie en Bretagne.

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