Famille d’Ancenis
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Famille d’Ancenis
Seigneurie et implantation
La famille d’Ancenis est une lignée féodale implantée à Ancenis, sur la Loire, dans une zone de contact entre la Bretagne et l’Anjou, à proximité de Nantes. Au Moyen Âge, elle détient la seigneurie puis la baronnie d’Ancenis et participe à la défense de cette position stratégique. Celle-ci contrôle des voies de circulation fluviales et terrestres importantes entre le comté de Nantes, la Bretagne orientale et les territoires angevins.
La tradition généalogique fait remonter l’établissement de la famille vers l’an mil. Le comte de Nantes Judicaël aurait confié à Alfrid la défense d’Ancenis et lui aurait concédé une importante seigneurie. Cette attribution ancienne est rapportée par la tradition, mais les détails de l’inféodation et l’existence précise d’Alfrid comme premier seigneur restent moins solidement établis que la succession des barons attestés à partir du XIe siècle.
Les premiers barons
Alfred II, attesté en 1050 et en 1057, porte le titre de baron d’Ancenis. Il est présenté comme le fils d’Alfred Ier et d’Odeline, dame du Cellier. En 1057, il aurait disputé au seigneur du Pont la préséance attachée au rang de neuvième baron de Bretagne. La question fut ensuite réglée par un partage de la jouissance honorifique de ce titre entre les maisons d’Ancenis et de Pontchâteau, avec alternance de la préséance.
Guihénoc Ier, son successeur, est connu avant 1100. Il renonce, au profit des moines de Marmoutier, à un droit d’octroi perçu sur les marchandises du monastère transportées par bateau sur la Loire. Cette décision témoigne des relations étroites entretenues par les seigneurs d’Ancenis avec les établissements religieux et avec les activités commerciales du fleuve. Son successeur Maurice Ier confirme ces libéralités et apparaît à la cour du duc de Bretagne en 1105.
Guihénoc II, attesté entre 1127 et 1132, confirme avec son épouse Mabille diverses donations. Geoffroy Ier, qui lui succède, est lié par mariage à Marguerite, fille de Brient, seigneur de Varades. Il confirme ou effectue des donations en faveur de Melleray et de Marmoutier. Ces actes montrent que l’autorité de la famille s’exerce au-delà d’Ancenis, dans plusieurs domaines et châtellenies de la vallée de la Loire.
Expansion territoriale et service princier
Guihénoc III, attesté en 1177, poursuit cette politique de fondations et de confirmations pieuses au bénéfice de Melleray, Marmoutier et Fontevraud. Il prend part à la troisième croisade, étant donné comme parti pour Jérusalem vers 1177 ou 1178. Son fils Geoffroy II est baron d’Ancenis, mais aussi seigneur de Varades, de Belligné et du Fief-Guéheneuc, identifié également à la Benate-en-Riaillé. Il porte le rang de chevalier banneret et exerce la fonction de bailli de la terre du vicomte de Donges.
Geoffroy II appartient au cercle des grands seigneurs bretons engagés dans les conflits de la fin du XIIe et du début du XIIIe siècle. Il prend part aux opérations menées contre Jean sans Terre et à la prise du Mont-Saint-Michel en 1204. Il est ensuite compté parmi les grands du royaume de France et assiste à la confirmation de privilèges accordés par Pierre de Bretagne en 1225.
Geoffroy III puis Geoffroy IV maintiennent la possession d’Ancenis, de Varades, de Belligné et du Fief-Guéheneuc. Geoffroy IV ajoute à cet ensemble Martigné-Briand par son mariage avec Denise de Doué. La documentation médiévale leur attribue le surnom de « bon baron », mais les récits détaillés associés à certains épisodes militaires ou aux dates de mariage ne sont pas toujours cohérents entre eux.
Derniers représentants et transmission de la baronnie
Geoffroy V, actif à la fin du XIIIe siècle et au début du XIVe, porte un patrimoine qui comprend Ancenis, Varades, Belligné, le Fief-Guéheneuc, Martigné-Briand et Esnandes. Ses deux mariages, avec Jeanne de Pressigny puis avec Isabeau d’Acre, rattachent la maison à plusieurs lignages seigneuriaux. De son premier mariage naît Geoffroy VI, tandis que les autres enfants attribués à cette union ou à la seconde demeurent inégalement documentés.
Geoffroy VI, mort vers 1351 ou 1352, est le dernier baron d’Ancenis de sa lignée directe. Il épouse Blanche d’Avaugour et en a notamment Jeanne, parfois appelée Marie, ainsi que Catherine. Jeanne reçoit les principales possessions familiales et porte les titres de baronne d’Ancenis et de dame de plusieurs seigneuries dépendantes.
En 1340, Jeanne d’Ancenis épouse Thibault III de Rochefort. Par cette union, celui-ci devient baron d’Ancenis et la seigneurie passe à la maison de Rochefort. La famille d’Ancenis cesse alors d’être la lignée titulaire de la baronnie, même si son héritage foncier, matrimonial et mémoriel se prolonge dans les possessions et les droits transmis à ses successeurs.

Auteur/autrice
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